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Réflexion
et revendications
en matière d'isolement,
de contentions mécaniques, physiques et de substances chimiques
lorsqu'utilisés en milieu psychiatrique
Collectif
de défense des droits de la Montérégie
Mars 2003
Table
des matières
Préambule
Le Ministère de la santé
et des services sociaux a dévoilé, en décembre
2002, ses « Orientations ministérielles relatives
à l’utilisation exceptionnelle des mesures de contrôle
: contention, isolement et substances chimiques », accompagnées
d’un plan d’action triennal. (2002-2005) Elles visent
la nécessaire amélioration de la qualité
de l’intervention en regard de ce que l’on nomme les
troubles de comportement pouvant donné lieu à l’utilisation
de mesures de contrôle que sont l’isolement et les
contentions. Ces orientations ministérielles s’appliquent
à tous les champs d’activités concernés
: personnes âgées, jeunes, personnes avec une déficience
intellectuelle, personnes ayant des problèmes de santé
mentale. Les pratiques d’isolement et de contention constituent
un enjeu de société car elles portent atteintes
à l’intégrité et à la dignité
de la personne en limitant leur liberté.
Depuis quelques années, elles ont
fait l’objet, particulièrement dans le domaine de
la santé mentale, d’intenses débats favorisés
par les discussions autour des concepts et des pratiques d’appropriation
de pouvoir et de rétablissement. Ces concepts s’opposent
à la médicalisation de la violence et de l’agression
qui leur ôtent toute compréhension sociale en restreignant
l’analyse à la psychopathologie. Par ailleurs, les
standards quant à l’utilisation de l’isolement
et de la contention sont plutôt régis sur la base
du consensus que sur celle de la recherche ; aucune étude
n’ayant pu démontrer que les mesures de contrôle
sont d’une plus grande efficacité ou sécurité
pour les patients. (Collège des médecins, 1999,
Leblanc, 2001) Entre l’objectif thérapeutique et
l’abus, la marge devient donc singulièrement étroite,
d’autant plus qu’il s’agit d’une intervention
complexe impliquant fortement les intervenants et pour laquelle
l’on constate un manque de formation. Ce qui donne lieu
malheureusement à une spirale de violence où soignéEs
et soignantEs sont trop souvent blesséEs lors de telles
interventions. Le mouvement de défense des droits et le
mouvement des personnes usagères ont incité les
responsables politiques et les dispensateurs de soins en santé
mentale à appliquer et évaluer de nouveaux savoirs
et à promouvoir le traitement et la réhabilitation
dans un environnement le moins restrictif possible. Ce changement
constitue une transformation qui passe par une remise en question
des pratiques professionnelles au profit d’une connaissance
expérientielle, c’est-à-dire la reconnaissance
de l’expérience de vie et du potentiel des personnes
usagères. Cette reconnaissance permet de mettre en valeur
l’expérience des personnes, de leur donner une voix,
un choix mais aussi de mettre l’accent non plus sur leurs
limites, mais sur leurs forces.
Le Collectif de défense des droits
de la Montérégie, organisme régional de promotion
et de défense des droits en santé mentale, veut
contribuer au renouvellement des pratiques, seule façon
de sortir de l’impasse actuelle. Selon nous, la santé
mentale ne doit surtout pas être uniquement une préoccupation
des spécialistes de la santé mentale. Plutôt
donc que de cibler l’agir violent, nous visons à
aller au-delà du «code» grâce à
une approche innovante fondée sur l’analyse différenciée
selon les sexes et sur les engagements des différents acteurs
concernés. Les «Orientations ministérielles…»
visent justement à faire coïncider le cadre juridique
et les pratiques dans les différents milieux susceptibles
d’utiliser ces moyens de contrôle. Les changements
visés par ces orientations devront s’inscrire dans
une démarche systématique qui a comme objectifs
de réduire au minimum, voire éliminer, l’utilisation
de ces mesures de contrôle ; de développer des mesures
de remplacement efficaces, efficientes et respectueuses de la
personne, de son environnement et des proches concernés
; finalement, d’assurer le suivi de l’utilisation
de ces mêmes mesures. Les directions d’établissements
doivent donc maintenir actif un processus constant de questionnement
des pratiques professionnelles ayant cours dans leur organisation.
Une nouvelle loi ou réglementation constitue en effet un
point de départ non une fin en soi. Il y a donc ici tout
un défi à relever qui interpelle l’ensemble
du réseau de services. Tout un corpus de pratiques est
à changer et cela exigera rigueur, ténacité
et cohérence.
Dans un premier temps, nous présentons
les principaux éléments des « Orientations
ministérielles… » ; notre approche, fondée
sur l’analyse différenciée selon les sexes
et sur la responsabilité des différents acteurs,
est par la suite mise de l’avant. Plusieurs recherches démontrent
l’impact négatif que peut avoir l’utilisation
de telles mesures sur les individus et particulièrement
les femmes. (Engells 2000, Gallop 1999, Blais & Vinette, 2002)
Des méthodes éprouvées
visant la réduction, voire l’élimination des
pratiques d’isolement et de contention est ensuite également
proposée, notamment :
- Le « formulaire de dépistage
des traumatismes »
- Le « formulaire de désamorçage des crises »
- Le « formulaire de retour sur l’intervention »
Ces formulaires sont des outils permettant
aux différentEs intervenantEs de mieux connaître
l’historique de la personne et de coordonner leurs interventions
en fonction de l’histoire de la personne et de sa sexospécificité.
Finalement, vous trouverez nos revendications
auprès des établissements concernés quant
au protocole d’intervention que ceux-ci ont à adopter
lorsque l’utilisation des mesures de contrôle ne peut
être évitée. Selon nous, il s’agit de
revendications incontournables afin que ces interventions soient
faites en tenant compte de la dignité et du respect des
personnes usagères.
Nota Bene
Le présent ouvrage n’est pas
exhaustif ; nous n’avons donc pas la prétention de
couvrir dans cette démarche l’ensemble du protocole
régissant l’isolement et la contention en milieu
psychiatrique.
Il importe de préciser que ce document
est issu d’une démarche de travail où membres
et employéEs du Collectif ont travaillé conjointement
durant plusieurs mois. L’une des versions de travail a d’ailleurs
été l’objet d’une démarche de
consultation auprès de personnes usagères de services
de santé des différentes sous-régions de
la Montérégie. Nous les en remercions grandement.

Orientations
ministérielles
Au Québec, il existe pour la première
fois depuis l’entrée en vigueur le 1er juin 1998
de l’article 118.1 dans la Loi sur les services de santé
et de services sociaux, une définition générale
de ces mesures de contrôle qui campe leur finalité :
« La force, l’isolement, tout moyen mécanique
ou toute substance chimique ne peuvent être utilisés,
comme mesures de contrôle d’une personne dans une
installation maintenue par un établissement, que pour l’empêcher
de s’infliger ou d’infliger à autrui des lésions.
L’utilisation d’une telle mesure doit être minimale
et exceptionnelle et doit tenir compte de l’état
physique et mental de la personne.
Lorsqu’une mesure visée au
premier alinéa est prise à l’égard
d’une personne elle doit faire l’objet d’une
mention détaillée dans son dossier. Doivent notamment
être consignées une prescription des moyens utilisés,
la période pendant laquelle ils ont été utilisés
et une description du comportement qui a motivé la prise
ou le maintien de cette mesure.
«Tout établissement doit adopter
un protocole d’application de ces mesures en tenant compte
des orientations ministérielles, le diffuser auprès
de ses usagers et procéder à une évaluation
annuelle de l’application de ces mesures».
Les «Orientations ministérielles»
visent à faire coïncider le cadre juridique et les
pratiques dans les différents milieux susceptibles d’utiliser
ces moyens de contrôle. Ces mesures de contrôle sont
définies comme suit dans le document du M.S.S.S. : la contention
est une mesure de contrôle qui consiste à empêcher
ou à limiter la liberté de mouvement d’une
personne en utilisant la force humaine, un moyen mécanique
ou en la privant d’un moyen qu’elle utilise pour pallier
un handicap. L’isolement consiste à confiner une
personne dans un lieu, pour un temps déterminé,
d’où elle ne peut sortir librement. On classe parmi
les mesures de contrôle utilisant les substances chimiques,
les médicaments qui visent à limiter la capacité
d’action d’une personne.
Les changements visés par les orientations
ministérielles devront s’inscrire dans une démarche
systématique qui a comme objectifs de réduire au
minimum, voire éliminer, l’utilisation de ces mesures
de contrôle ; de développer des mesures de remplacement
efficaces, efficientes et respectueuses de la personne, de son
environnement et des proches concernés ; finalement, d’assurer
le suivi de l’utilisation de ces mêmes mesures.
La recherche d’une limitation minimale
et exceptionnelle de la liberté et de l’autonomie
de la personne doit guider l’intervention ; celle-ci doit
être menée dans une perspective de relation d’aide
qui tient compte des caractéristiques de la personne et
de l’environnement dans lequel elle évolue. La personne
dispose d’un potentiel pouvant être mis à contribution
dans la recherche et dans l’application de solutions à
ses propres difficultés, l’intervenant ne doit plus
assumer le statut de celui qui apporte seul les solutions aux
problèmes. Le respect de l’éthique exige que
soit rendu obligatoire le recours à diverses mesures de
remplacement. Les directions d’établissements doivent
donc maintenir actif un processus constant de questionnement des
pratiques professionnelles ayant cours dans leur organisation.
Six principes directeurs balisent donc l’utilisation de
ces mesures de contrôle :
- Les mesures de sécurité
ne s’appliquent que dans un contexte de risque imminent
;
- ces mesures ne doivent être envisagées qu’en
dernier recours ;
- lors de son utilisation, la mesure appliquée doit être
la moins contraignante pour la personne ;
- l’application de ces mesures doit se faire dans le respect,
la dignité et la sécurité, en assurant le
confort de la personne, et elle doit faire l’objet d’une
supervision attentive ;
- l’utilisation de ces mesures doit, dans chaque établissement,
être balisée par des procédures et contrôlée
afin d’assurer le respect des protocoles ;
- l’utilisation de ces mesures doit faire l’objet
d’une évaluation et d’un suivi de la part du
conseil d’administration de chacun des établissements.
Le document ministériel identifie
deux contextes d’application, soit l’intervention
planifiée et, soit, dans le cas d’une désorganisation
comportementale récente, l’intervention non planifiée.
Les principes directeurs nommés ci-haut s’appliquent
dans les deux contextes et leur application est régie en
fonction des assises légales qui leur sont propres tels
que le consentement libre et éclairé et le consentement
substitué.

Analyse
différenciée selon les sexes et engagement des acteurs
Le sexe comme facteur déterminant
de la santé mentale est intimement lié à
l’approche visant la prise en compte du vécu de violence
et de traumatisme chez les femmes. Comme les risques sont sexospécifiques,
les réponses doivent donc être fondées sur
l’analyse différenciée selon les sexes. (Atsbury,
2001) Au Québec, «le ministère a clairement
reconnu le lien entre les conditions de vie des femmes et leur
santé. La situation sociale, économique et politique
des femmes et leur réalité physiologique influencent
leur rapport à la santé et au bien-être et
le différencie de celui des hommes.» (M.S.S.S., p.1,
2002) En Ontario et en Colombie-Britannique, des politiques et
programmes tiennent compte de ce vécu pour les femmes ayant
des problèmes majeurs de santé mentale. Ainsi, une
politique fondée sur l’analyse différenciée
a été adoptée par la région de Vancouver
à la suite d’une vaste consultation dans le cadre
du projet de planification de la santé des femmes et de
l’identification de la violence contre les femmes comme
l’une des priorités clefs pour la région.
(Morrow, 2002) Une formation spécifique a ainsi été
élaborée pour les intervenantEs quant aux enjeux
cliniques reliés au traumatisme. Ailleurs, des liens étroits
se sont parfois développés entre le réseau
de services de santé mentale et le réseau de services
pour les femmes victimes de violence. Par exemple, à Victoria,
un projet pilote s’est déroulé durant deux
années dans un département de psychiatrie, visant
à faciliter l’identification des femmes victimes
de violence conjugale.
En effet, il ressort clairement d’une
recension des écrits que les personnes ayant des problèmes
majeurs de santé mentale, particulièrement des femmes,
constituent une population hautement vulnérable, objet
de plusieurs sévices sexuels ou physiques commençant
parfois dès l’enfance pour s’étaler
sur toute leur vie. (Goshn, Morin, Dorvil, à paraître)
Il s’ensuit que ces personnes peuvent être l’objet
d’un processus de victimisation secondaire, causé
par l’application de mesures de contrôle : «la
victime revit mentalement le traumatisme vécu, par le biais
notamment de flash-back ou de cauchemars récurrents, cela
fait aussi référence à la douleur et aux
blessures psychologiques de la victime, et en somme, ce seraient
les conséquences indirectes du crime vécu.»
(Gaudrault, à paraître) Les pratiques de contention,
d’isolement constituent donc des situations particulièrement
propices au phénomène de victimisation secondaire.
Compte tenu de ce processus de victimisation
secondaire, des pratiques innovantes qui tiennent compte de ce
passé de sévices ont été systématisées
par des organisations de services aux États-Unis et au
Canada anglais. Un objectif fondamental du traitement doit être
de prévenir le «sanctuary trauma», défini
comme l’attente de trouver un environnement protecteur et
y trouver seulement plus de trauma. (Silver, 1986)
Et ce d’autant plus qu’un corps
de recherches a démontré que le comportement des
intervenants et les normes institutionnelles influencent le degré
de violence des personnes hospitalisées en psychiatrie.
(Caldwell, 1994, Goren, Abraham, Doyle, 1995) Ainsi, l’utilisation
d’une mesure de contrôle comme la contention est beaucoup
plus reliée aux traditions de pratiques et aux idées
de l’équipe que par nécessité médicale.
Morrison (1990) dans sa recherche maintes fois citées par
la suite sur les liens entre les facteurs organisationnels et
la violence a estimé que le concept qui avait émergé
de son travail était celui de la tradition de la dureté
: «the tradition of toughness». L’accent sur
le contrôle et la sécurité aurait pour résultat
de privilégier le respect des procédures et un comportement
standardisé d’où le cycle de violence. La
violence ferait partie intrinsèque du dispositif institutionnel
et ce, souvent à l’insu des différents protagonistes
puisqu’elle se confond souvent avec le traitement.
La personnalisation des soins semble donc
l’avenue la plus prometteuse dans l’optique d’une
communauté thérapeutique. Cette personnalisation
comprend une meilleure connaissance des antécédents
du patient et un contrat de désescalade de comportements
violents ou de colère. (NTAC 2002) Ce contrat peut être
considéré comme des directives anticipées
«advanced directives», une approche fort populaire
dans le monde anglo-saxon. Un meilleur ratio intervenant patient
apparaît aussi plus efficace dans la gestion des comportements
dérangeants chez des patients qui risquent de s’automutiler
ou de blesser leurs pairs. Les coûts supplémentaires
associés à des soins plus personnalisés sont
largement compensés par de plus courtes durées d’hospitalisation.
(LeGris, Walters et Browne, 1999) Ces soins impliquent également
une meilleure communication et une stabilité dans l’équipe.
(Bonner et al, 2002) Des modifications à l’environnement
ont été jugées aussi fort utiles : entre
autres, la NTAC (2002) propose la disponibilité d’une
« chambre de confort » ou d’une boîte
d’objets réconfortants.
Ce processus de transformation doit s’accompagner
aussi de procédures d’évaluation lors de l’utilisation
de ces mesures de contrôle. (PPAO, 2001) Le Patient Protection
Advocay Office cible des moments clefs de ce processus : validation
de la mesure par un médecin, la durée maximum de
la mesure, la fréquence des entrées cliniques, le
support donné durant la mesure, la révision automatique
après un nombre d’heures, des audits cliniques après
un événement. Il importe absolument d’éviter
des automatismes comme les prescriptions PRN, l’antithèse
même d’une personnalisation des soins. Un milieu psychiatrique
se transformera s’il y a un engagement ferme de la direction,
une formation du personnel appropriée, un travail collectif
d’intervention auquel les personnes usagères sont
associées et des mécanismes d’amélioration
continue de la qualité. (Crane, Stephan, 1998)
Cette logique demeure cependant institutionnelle
et coupée d’une véritable synergie avec l’extérieur.
Une perspective fondée sur le traumatisme et spécifiquement
l’analyse différenciée selon les sexes en
regard de la violence faite aux personnes ayant des problèmes
de santé mentale semble prometteuse. Nous la percevons
comme une pratique d’intersectorialité. Mettre par
exemple en réseau le réseau de services pour la
santé des femmes avec le réseau de services de santé
mentale permet en effet de décloisonner les manières
de faire et de penser propres à chaque secteur afin d’améliorer
les conditions de vie des femmes. (White, Jobin, McCann, Morin,
2002) Nous revenons à notre point de départ, la
santé mentale nous concerne tous et toutes; il faut développer
des passerelles entre les institutions et les autres organismes
de la société civile afin que les conditions de
vie, tant des femmes que des hommes soient prises en compte lors
du processus de traitement et de «guérison».

Guide
clinique
Le présent ouvrage (Annexes 1 à
4) a été construit d’après deux documents
issus de l’expérience américaine des milieux
psychiatriques soit du Massachusetts Department of Mental Health
: Clinical Guidelines-8/6/96 DMH Clients with a History of Trauma
et d’une expérience du département de nursing
au Centre psychiatrique de la vallée Mohawk tiré
du Journal of nursing Care Quality, 1997 11(3) 54-61. Ce guide
recommandé initialement pour les personnes présentant
un historique d’abus est également approprié
pour toutes les personnes usagères.
Pour les personnes usagères, et spécialement celles
présentant un historique d’abus, l’évaluation
des procédures doit inclure :
- L’identification des circonstances pouvant potentiellement
provoquer un comportement de crise ;
- la compréhension des réponses pouvant aider la
personne à désamorcer sa crise et ainsi éviter
l’utilisation des mesures exceptionnelles ;
- le retour avec le personnel afin de guider et former celui-ci
sur l’intervention.
Ces trois formulaires d’évaluation
sont reliés : l’évaluation des traumatismes,
celui du désamorçage des crises ainsi que celui
du retour sur l’intervention quant à la gestion du
comportement. Ces formulaires sont fournis afin de conseiller
et d’outiller les membres du personnel à rassembler
les informations concernant les personnes usagères, les
alternatives lors de la gestion de l’agressivité
et le retour sur les interventions. Tout le processus d’évaluation
devra être revu par l’équipe afin de déterminer
les points relatifs à l’intervention et les incorporer
dans le plan de soins.
Afin de faciliter l’évaluation
des personnes dès l’admission, le personnel devra
déterminer pour chaque personne - par un rapport venant
de la personne elle-même et, si nécessaire par d’autres
membres du personnel la connaissant - les informations qui suivent
:
(1) Si la personne a un passé présentant des événements
d’abus physique, sexuel, verbal et/ou psychologique.
(2) Quelle approche ou stratégie particulière sera
la plus en mesure de supporter la personne à réduire
son agitation ou sa détresse et ainsi, éviter l’utilisation
exceptionnelle des mesures de contrôle.
(3) Advenant l’utilisation exceptionnelle des mesures de
contrôle, lesquelles seraient les plus aptes à aider
la personne et réduire l’effet traumatisant qu’elles
comportent.
(4) Le sexe des intervenants/es jouant un rôle prépondérant,
lequel serait le plus apte à intervenir auprès de
la personne lors de l’utilisation de l’isolement ou
la contention, advenant l’utilisation de ces méthodes.
(5) La personne doit toujours avoir l’option de ne pas répondre
à une question.
(6) Si la personne n’est pas en mesure de répondre
ou n’est pas en état de répondre à
une question elle doit pouvoir le faire dans un temps plus approprié.
Pour les enfants n’étant pas
en mesure de fournir ces informations, la plupart peuvent être
fournies par les parents ou tuteurs.
Afin de faciliter le développement
d’une nouvelle approche, fondée sur l’élaboration
d’alternatives efficaces, il est important d’utiliser
les alternatives et préférences proposées
par les personnes usagères elles-mêmes. Ce processus
s’inscrivant dans une politique d’appropriation du
pouvoir. Les formulaires écrits doivent être idéalement
complétés par la personne usagère. Si la
personne, en raison de circonstances spécifiques, n’a
pu remplir le questionnaire, celui-ci pourra être rempli
par le personnel. Dans les deux cas, un retour devra être
effectué avec la personne afin de faire certaines clarifications
et/ou vérifications et ce, dans le but d’approfondir
les connaissances.

Formulaire
de dépistage des traumatismes
Ce formulaire est un guide afin d’évaluer
et de dépister les possibilités de traumatismes
chez les personnes usagères. (patients/es, clinique externe,
urgence, etc.) Ce formulaire, avec le formulaire de désamorçage
des crises, devra être rempli par la personne ou revu avec
elle, dans le cas où celle-ci ne pourrait y répondre.
Il devra être revu par l’équipe de travail
et joint au plan de soins.
Ce formulaire a pour objectif que nous
puissions vous connaître davantage afin d’être
en mesure de répondre à vos besoins de façon
appropriée. Certaines questions peuvent vous être
difficiles à répondre, certaines peuvent vous rappeler
des mauvais souvenirs. Nous souhaitons vous offrir tout notre
support, vous pouvez nous demander de répondre avec vous,
ou si vous souhaitez qu’une personne proche de vous y réponde
avec vous, dites-le-nous.
1. Avez-vous vécu de la violence
physique ? (ex., frappé/e, coup de poing, étranglé/e,
coup de pied, brûlé/e, menacé/e avec un objet
ou une arme, etc..)
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Si oui, durant l’enfance___ adolescence__
_ à l’âge adulte___ actuellement___
Par qui ? étranger/ère___
connaissance___ ami/e___ partenaire/époux/se___
Parents___ un/e membre de la famille___
lors d’un rituel___
Avez-vous des commentaires ?_____________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
Lors de cet (ces) événement(s),
étiez-vous sous l’effet d’une drogue ou autre
substance ? Oui___ Non___ Ne sais pas___
Avez-vous des commentaires ?_____________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
2. Avez-vous vécu de la violence
sexuelle ? (baisers, attouchements et/ou étreintes forcés,
être nu/e, agression sexuelle, relation sexuelle complète
ou non, etc..)
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Si oui, durant l’enfance___ adolescence___
à l’âge adulte___ actuellement___
Par qui ? étranger/ère___
connaissance___ ami/e___ partenaire/époux/se____
Parents___ un/e membre de la famille___ lors d’un rituel___
Avez-vous des commentaires ?____________________________________________
_____________________________________________________________________
_____________________________________________________________________
_____________________________________________________________________
Lors de cet (ces) événement(s),
étiez-vous sous l’effet d’une drogue ou autre
substance ? Oui___ Non___ Ne sais pas___
Avez-vous des commentaires ?___________________________________________
__________________________________________________________________
3. Avez-vous déjà vécu
un (des) viol(s) ?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Si oui, durant l’enfance___ adolescence___
à l’âge adulte___ actuellement___
Par qui ? étranger/ère___
connaissance___ ami/e___ partenaire/époux/se___
Parents___ un/e membre de la famille___
lors d’un rituel___
Avez-vous des commentaires ?____________________________________________
_____________________________________________________________________
_____________________________________________________________________
_____________________________________________________________________
Lors de cet (ces) événement(s), étiez-vous
sous l’effet d’une drogue ou autre substance ? Oui___
Non___ Ne sais pas___
Avez-vous des commentaires ?_____________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
4. Avez-vous déjà vécu
de la violence verbale et/ou psychologique ?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Avez-vous des commentaires ?_____________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
Lors de cet (ces) événement(s),
étiez-vous sous l’effet d’une drogue ou autre
substance ?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Avez-vous des commentaires ?_____________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
5. Avez-vous vécu une forme de traumatisme
telle qu’un désastre naturel, un accident, être
témoin de la mort de quelqu’un ou d’un acte
de violence envers quelqu’un, ou victime d’un crime
?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Si oui, à quel âge et dans
quelles circonstances ?_______________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
Avez-vous vécu une forme de traumatisme
en lien avec la guerre ?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Si oui, à quel âge et dans
quelle circonstances ?________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
______________________________________________________________________
6. Avez-vous déjà vécu
un traumatisme en lien avec l’utilisation de drogues et/ou
autres substances tel qu’un bad trip, intoxication, dépendance,
etc ?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Avez-vous des commentaires ?______________________________________________
_______________________________________________________________________
_______________________________________________________________________
_______________________________________________________________________
_______________________________________________________________________
7. Si vous avez répondu par l’affirmative
à une ou plusieurs des questions mentionnées ci-haut,
vivez-vous actuellement ou avez-vous vécu des flashbacks,
des cauchemars, de l’insomnie, des engourdissements, des
étourdissements, de la confusion, des pertes de mémoires,
des comportements d’automutilation, des peur, angoisse,
terreur extrême etc, en lien avec un traumatisme. ?
Oui___ Non___ Ne sais pas___
Si oui, pouvez-vous les décrire
et/ou avez-vous des commentaires ?__________________
_____________________________________________________________________
_____________________________________________________________________
Veuillez incorporer ce formulaire de dépistage des traumatismes
avec le plan de soins de cette personne.

Formulaire
de désamorçage des crises
Ce formulaire se veut un guide en vue de
rassembler des informations avec les personnes usagères
afin de développer des stratégies pour désamorcer
une situation de crise, d’agitation et/ou de détresse
et ainsi, éviter l’utilisation de mesures exceptionnelles
(dites de contrôle). Il devra être utilisé
conjointement avec le formulaire de dépistage des traumatismes.
Il est recommandé de l’utiliser pour les personnes
usagères hospitalisées, suivies en externe, au département
d’urgence dans les unités de stabilisation de crises
et autres unités, lorsque c’est cliniquement possible.
Après être revues par l’équipe de travail,
ces informations obtenues devront être jointes au plan de
soins pour cette personne.
Notre objectif est de travailler avec vous
et vos proches afin de vous procurer un environnement sécuritaire
et supportant. Nous voulons donc travailler avec vous afin d’élaborer
votre plan de soins.
Votre sécurité et celle des
autres nous sont primordiales. Si vous devenez de mauvaise humeur,
en colère ou désorganisé, des employés(es)
sont disponibles pour vous parler et vous aider à trouver
des moyens pour résoudre votre problème. Plusieurs
idées suggérées ci-dessous peuvent être
de bonnes alternatives et nous vous encourageons à choisir
lesquelles seraient les plus appropriées pour vous. (cochez
les cases)
Regarder la télévision
Ex : Prendre une marche avec le personnel
Temps de retrait volontaire (chambre) Appeler un/e ami/e
Temps de retrait volontaire (autre pièce) Appeler ton thérapeute
Demeurer près du poste de garde Jouer avec de l’argile
Parler avec une autre personne usagère Longer les murs
Parler avec le personnel Mettre de la glace sur le corps
Etre tenu par la main Mettre tes mains sous l’eau froide
Recevoir une accolade Prendre un bain
Frapper dans un coussin Activité minutieuse (ex. casse-tête)
Faire des exercices de respiration Dessiner
Faire des exercices de relaxation Fumer une cigarette
Prendre une douche chaude/froide
Sans surveillance ? Se reposer avec une serviette froide sur la
tête
Ecrire dans un journal personnel Crier/chanter à tue-tête
Faire des activités
Ex : Lire un journal/revue/livre
Ex : Écouter de la musique
Ex : Faire de l’exercice physique
Ex : Compter jusqu’à 50
Un changement de décor
Autres ? (spécifiez) S’envelopper dans une couverture
(couverture de confort)
2 . Y a-t-il une personne que vous aimeriez
voir avisée lorsque vous êtes désorganisé/e
Oui___ Non___ Nom et téléphone :______________________________
Nous permettez-vous de communiquer avec cette personne ?
Oui___ Non___
Y a-t-il une personne que vous aimeriez voir lorsque vous êtes
en situation de crise ? Oui___ Non___ Nom & téléphone
:______________________________
Si vous ne pouvez nous donner l’information, vous permettez-nous
de communiquer avec cette personne ? Oui___ Non___
Le cas échéant, pouvons-nous
être présent lors de la visite de cette personne
?
Oui___ Non___
Signature :______________ Témoin
:_________________ Date :__________
3. Y a-t-il des événements, actions, comportements
etc., qui vous sont particulièrement difficile, voire pénible
lorsque vous êtes désorganisé/e ? Des éléments
susceptibles d’aggraver la situation ?
Etre touché/e Etre obligé/e
de manger
Porte de chambre ouverte Se faire infantiliser
De ne pas avoir le contrôle Pas le choix de la nourriture
Le chantage Ne pas pouvoir fumer
Le bruit
Ex : Heure particulière
Ex :
La télévision
Ex : Certain temps de l’année
Ex :
Personne en uniforme Autres : (spécifiez)
Se faire crier après
Se faire parler
Etre enfermé/e
Etre isolé/e
4. Avez-vous déjà eu une expérience d’isolement,
de contention ou d’utilisation de substances chimiques à
titre de mesure de contrôle (dans un établissement
ou non)?
Isolement
Quand ?
Où ?
Que s’est-il passé ?
Qu’avez-vous vécu, ressenti ?
Contention (physique, mécanique)
Quand ?
Où ?
Que s’est-il passé ?
Qu’avez-vous vécu, ressenti ?
Substances chimiques
Quand ?
Où ?
Que s’est-il passé ?
Qu’avez-vous vécu, ressenti ?
5. Dans le cas où nous devrions
avoir recours à l’utilisation de mesures exceptionnelles
(dans le cas où vous représenteriez un danger pour
vous-même ou pour autrui), quelles sont les mesures les
moins contraignantes pour vous ?
Salle de retrait
Salle d’isolement
Contention physique
Contention mécanique Sur le ventre ? Sur le dos ?
Substances chimiques
Autre (spécifiez)
6. Avez-vous une préférence
concernant le sexe du personnel appelé à intervenir
auprès de vous durant et après l’utilisation
d’une mesure exceptionnelle (dite de contrôle) ?
Personnel féminin___ Personnel masculin___ Pas de préférence___
7. Y a-t-il quelque chose susceptible de
vous aider durant une période d’isolement, de contention
physique/mécanique ou lors de l’utilisation de substance
chimique à titre de mesure de contrôle ? Veuillez
décrire.
___________________________________________________________________
__________________________________________________________________
_________________________________________________________________
________________________________________________________________
8. Il est possible que nous devions avoir
recours à l’utilisation de substance chimique à
titre de mesure de contrôle. Le cas échéant,
nous désirerions connaître quelle médication
vous a été ou vous est la moins contraignante ?
Veuillez spécifier.
___________________________________________________________________
__________________________________________________________________
________________________________________________________________
________________________________________________________________
________________________________________________________________
9. Nous devons effectuer des rondes de
nuit dans les chambres. Nous tentons de rendre ces rondes les
moins intrusives possibles. Y a-t-il quelque chose que nous pouvons
faire pour vous rendre ces rondes moins contraignantes pour vous
?
________________________________________________________________
__________________________________________________________________
______________________________________________________________________
10. Désirez-vous nous aviser de quelque chose qui est important
pour vous et/ou avez-vous des commentaires, des suggestions ?
______________________________________________________________________
Signature :_______________________________________________________________
Témoin :________________________________________________________________
Responsable :____________________________________________________________
Date :__________________________________________________________________

Formulaire
de retour sur l'intervention
Ce formulaire vise à faire un retour
sur les interventions ayant mené à l’utilisation
exceptionnelle d’une ou des mesures de contrôle et
à connaître la personne usagère et ainsi,
éviter les situations traumatisantes et/ou retraumatisantes.
Il vise par ailleurs à supporter l’intervenantE dans
son travail, à verbaliser les situations et trouver des
solutions moins contraignantes. Ce formulaire doit être
joint au dossier pour permettre à toutes les personnes
susceptibles d’intervenir auprès d’une personne
d’évaluer leurs interventions et le cas échéant
leur apporter des modifications.
DIRECTIVES :
? L’approche la plus thérapeutique
est l’utilisation d’interventions les moins contraignantes.
(La contention étant la plus restrictive)
? Se référer au protocole
pour l’utilisation de l’isolement, la contention et
les substances chimiques à titre de mesures de contrôle.
? Ce formulaire doit être rempli
lors de chaque incident et doit être joint au dossier.
DONNÉES D’IDENTIFICATION :
Personne usagère :___________________________Unité :___________________
Date :_________________________________________Heure
:___________________
L’infirmier/e en chef ou l’assistant/e
infirmier/e en chef a été avisé ? Oui_____
Non_____
Si non, pourquoi ?________________________________________
______________________________________________________
Les commentaires donnés :
I Décrivez la situation de l’intervention
et la réponse de la personne usagère.
II Décrivez la situation et le comportement
de la personne usagère avant l’incident. Donnez tous
les facteurs précipitants.
Toutes les interventions doivent être
documentées dans leur évolution.
a) ( ) verbalisation Permettre à
la personne usagère de s’exprimer avec
l’équipe (aidant/e premier/e, infirmier/e).
b) ( ) counseling Aider la personne usagère
à comprendre ses pensées,
ses émotions, son comportement, ses options.
c) ( ) fixer des limites Donner des alternatives
acceptables et les
conséquences.
d) ( ) réassurance Utilise un ton
calme de la voix.
e) ( ) rediriger Aider la personne à
sortir sa colère d’une façon
positive.
f) ( ) changer d’environnement Changement
de décor, prendre une marche.
g) ( ) gestion de la colère Permettre à la personne
usagère de gérer sa colère
selon sa façon habituelle (être seul/e, marcher).
h) ( ) durée Indiquer la durée
pour chaque événement.
i) ( ) médication Médicaments
réguliers ont-ils été donnés plus
tôt ?
Oui____ Non____
Médicaments prescrits à ce moment
Oui____ Non____
Expliquez.
j) ( ) couverture de confort Durée
:_______________
k) ( ) code Oui____ Non____ Pourquoi ?
1. L’officier/e de sécurité a-t-il/elle répondu
?
Oui____ Non____ Pourquoi ?
2. L’équipement psychiatrique d’urgence était-il
disponible ? Oui____ Non____
3. L’équipement psychiatrique était-il en
bonne
condition ? Oui____ Non____
4. Est-ce que la médication nécessaire était
facile-
ment disponible ? Oui____ Non____
l) ( ) isolement Durée_____min.
2ème ordonnance : Durée_____min
m) ( ) contention Durée_____min.
2ème ordonnance : Durée_____min
Type _____4 m./dos _____4 m./ventre
n) ( ) l’isolement a-t-il été
essayé avant la contention ? Oui____ Non_____
Si non, pourquoi ?
La personne usagère a-t-elle été blessée
lorsque mise en isolement ou contention ?
Oui____ Non____ Si oui, quel type de blessure ?
Un/e membre de l’équipe a-t-il été
blessé ?
Oui____ Non____ Si oui, combien de personne et quel type de blessure
?
III Réponses
1. La feuille d’évaluation
de la sécurité a-t-elle été remplie
? Oui____ Non____
2. Les interventions ont-elles été choisies par
la personne ?
3. Détailler la réponse de
la personne à l’intervention.
4. Qu’est-ce qui a le plus aidé
? Qu’essaieriez-vous la prochaine fois ?
IV Retour sur l’intervention d’urgence
psychiatrique
1. Décrivez le comportement de la
personne après l’incident.
2. Quelle a été la réponse
de la personne après que vous ayez discuté de l’incident
avec elle ? (mettez la déclaration de la personne)
2. Avez-vous mis les interventions qui
ont aidé dans le plan de traitement ?
Oui___ Non___ Si non, pourquoi ?
V À compléter pour les épisodes
d’isolement et de contention
1. Est-ce que le monitoring a eu lieu à chaque :
a) 15 minutes pour l’isolement ? Oui____ Non____
b) 10 minutes pour la contention ? Oui____ Non____
c) 15 minutes pour les substances chimiques ? Oui____ Non____
Si cela n’a pas été fait, expliquez : ___________________________________
________________________________________________________________
________________________________________________________________
2. Le monitoring a-t-il inclus :
a. La température/pulsion/respiration
?
Oui____ Non____ (expliquez)
b. La pression sanguine ?
Oui____ Non____ (expliquez)
c. Les blessures (et effets secondaires pour les substances chimiques)
?
Oui____ Non____ (expliquez)
d. L’évaluation de la dangerosité immédiate
?
Oui____ Non____ (expliquez)
e. Les fluides/toilettes ?
Oui____ Non____ (expliquez)
f. Le confort physique (pour les substances chimiques) ?
Oui____ Non____ (expliquez)
3. Les notes de dossiers (notes d’évolution)
comportent-elles :
a. Une évaluation de la condition
de la personne ?
Oui____ Non____ (expliquez)
b. Une démonstration de l’utilisation d’interventions
les moins restrictives ?
Oui____ Non____ (expliquez)
c. La/les réponse/s de la personne ?
Oui____ Non____ (expliquez)
Commentaires additionnels :____________________________________________
_____________________________________________________________
Infirmier/e responsable :_________________________________Date_______________
À remplir par l’infirmier/e en chef : réviser
cette formule dans sa totalité.
- Identifiez les points problématiques
et/ou documentez les défaillances
- Notez la date où les problèmes et/ou défaillances
ont été corrigés avec l’infirmier/e
_________________________________________________________________
- Recommandations quant aux améliorations et aux actions
prises
__________________________________________________
Signature de l’infirmier/e en chef___________________________Date_______________
La
réduction d’interventions à risques élevés
lors de la gestion de l’agressivité en milieux psychiatriques
L’exemple d’un hôpital psychiatrique
américain (Mohawk Valley)
Ces constatations proviennent de deux ans
d’utilisation de mesures moins restrictives. Nous verrons
d’abord les constats ayant menés à l’élaboration
de ce protocole, les stratégies employées, les outils
d’évaluation de la colère, les choix et les
résultats. Les différentes améliorations
quant au monitoring et le rapport d’incidents seront ensuite
présentées.
Cette perspective, issue d’une meilleure
compréhension de l’expérience vécue
par les acteurs, met l’accent sur la rupture du cycle de
violence grâce à un engagement ferme de l’institution
d’agir sur l’ensemble des facteurs. Afin de réduire
et d’éliminer les mesures d’isolement et de
contention sans que les intervenantEs se sentent démunis
quant à leur droit à un environnement sécuritaire,
il importe que se mette en place une nouvelle démarche
qui soit assez prégnante pour prévenir la violence
physique et émotionnelle. Ce changement radical requiert
une nouvelle façon de penser. Traditionnellement la question
posée est : «Comment pouvons-nous contrôler
les personnes sans utiliser la contention et l’isolement
?» Cette question place encore le contrôle du comportement
en dehors de la personne et une fois en dehors de l’institution,
celle-ci n’a pas encore augmenté ses habiletés
à se contrôler. Maintenant, il est suggéré
de se demander «Qu’est ce que les personnes usagères
et les intervenantEs doivent apprendre et mettre en pratique afin
de créer un environnement qui supporte les personnes recevant
des services afin qu’elles soient capables de se créer
une vie qu’elle trouve significative.» (Viselli, McNasser,
1997)
Pour ces intervenantEs, gestionnaires et
personnes usagères, il s’agit donc de revenir à
la juste intuition d’appréhender un lieu hospitalier
comme une communauté faite de personnes usagères,
d’intervenantEs, de médecins, d’employéEs
de soutien et d’administrateurs. (Riffer, 2000) Quand des
personnes vivent et travaillent dans un environnement restreint,
toutes ces personnes doivent avoir les habiletés requises
pour gérer la colère. Les personnes usagères
doivent également développer des habilités
d’affirmation de soi, de communication et de résolution
de conflits afin d’obtenir ce qu’elles veulent de
manière civilisée. Toute personne a besoin d’individus
en qui ils peuvent avoir confiance lors de situations difficiles.
Les constats :
- Danger de blessures physiques et psychologiques
(ici souligné par nous) des soignantEs
et des soignéEs lors de l’utilisation de l’isolement
et de la contention.
- Succès mitigé lors de la gestion de crises.
- Peu de succès comme outil pédagogique dans l’aide
aux personnes pour gérer leur comportement agressif.
- Les recherches démontrent que leurs utilisations a comme
résultat des attitudes négatives en milieux hospitaliers
qui se disent pourtant non seulement sécuritaires, mais
thérapeutiques.
- Des outils alternatifs sont nécessaires afin d’aider
l’équipe clinique à mettre en pratique des
interventions moins restrictives et thérapeutiques.
- Une approche à tous les paliers est requise.
Les stratégies employées
:
- Techniques préventives quant à
la gestion de la colère et de l’agressivité
pour les employéEs et personnes usagères.
- Nouvelles règles d’intervention.
- Changement aux politiques et aux procédures.
- Sondage auprès des personnes usagères.
- Formation de sensibilisation aux employéEs.
- Changement dans la structure hospitalière.
- Participation de pairs «advocates».
- Monitoring.
Les choix :
- Partie pédagogique de l’évaluation.
- L’objectif consiste à aider la personne à
identifier son émotion de colère et à choisir
la mesure correspondante.
- Cela permet à la personne de visualiser ses choix dans
la gestion de ses frustrations et de sa colère.
- Affiché en milieu clinique.
- Facilement accessible.
- Vise à ce que la personne soit moins dépendante
de l’équipe.
Quoique l’utilisation de mesures
restrictives, dites exceptionnelles ne fut pas totalement éliminée,
les initiatives ont produit les résultats suivants :
Les résultats :
- Les personnes usagères et le personnel
identifient les émotions de colère et font une révision
d’une série d’alternatives afin de les gérer.
- Comme la plupart des individus, les personnes usagères
veulent exprimer leur colère, mais le milieu hospitalier
et les politiques informelles ne le permettent pas. Cette méthode
donne une structure aux unités cliniques afin d’aider
les personnes à rencontrer leurs besoins comme elles le
feraient en communauté.
- Il y a eu une augmentation de 90% dans l’utilisation documentée
de mesures moins restrictives.
- Le critère quant à l’utilisation de mesures
restrictives a été reformulé.
- Il y a eu une réduction dans le nombre de contentions
utilisées pour la gestion d’incidents mineurs et
d’urgences psychiatriques.
- La gestion de la colère de la personne a été
améliorée par une approche interdisciplinaire en
équipe.
- La durée de temps que les personnes usagères passent
en isolement ou en contention a diminué de 75 %.
- Le nombre d’incidents de blessures des personnes usagères
et du personnel a diminué.
- L’outil de gestion de données quant à l’amélioration
d’un comportement permet de mieux identifier les efforts
de l’équipe quant à l’aide apportée
à la personne et renforce l’information donnée
quant à la gestion de l’agressivité.
Amélioration dans le monitoring
et le rapport d’incidents
- Éducation et formation
? Des conseils à l’interne sont donnés quant
aux directives vis-à-vis l’agressivité.
? Un nouveau vidéo sur la gestion des interventions restrictives
a été réalisé pour la formation des
équipes de travail.
? Les cours de gestion de type comportemental mettent l’accent
sur la prévention.
? Des textes sont distribués au personnel sur les unités
ayant trait aux perceptions des personnes usagères, l’impact
des attitudes des employés quant à leur utilisation
et la culture soignantEs – soignésEs en milieu psychiatrique.
- Journal de l’institution
? Différents sujets quant à l’isolement et
la contention sont traités dans le journal de l’institution.
- Formation de sensibilisation
? Les employé/es du département de pairs «advocates»
ont discuté de leurs expériences d’isolement
et de contention avec les personnes travaillant sur les unités.
- Changement dans la structure hospitalière
? L’unité fermée n’existe plus ; chaque
département est maintenant responsable de la gestion de
ses propres urgences psychiatriques.
? Les chambres d’isolement ont été re-localisées
à l’arrière des unités.
- Un sondage auprès des personnes
quant aux aspects sécuritaires sur un département
? Les personnes ont été sondées afin d’identifier
les approches de l’hôpital quant aux soins, les forces
des différents programmes et les changements désirés.
- Amélioration de la qualité
? L’équipe du service de pairs «advocates»
s’est joint à l’équipe d’amélioration
de la qualité du service infirmier.
? Le monitoring est utilisé de façon à savoir
si les interventions dans le plan de traitement réfèrent
à l’utilisation des méthodes les moins restrictives
identifiées dans le plan de traitement.
? Les cas problématiques nécessitant parfois une
utilisation fréquente de l’isolement et de la contention
sont revus avec l’équipe de traitement et, si nécessaire
avec des consultantsEs extérieursEs.
- Le comité isolement et contention
? Les membres du comité se rencontrent fréquemment
afin de discuter et d’évaluer les voies d’amélioration.
Comme résultat, les formules de consultation ont été
modifiées.
- Le comité de réduction
de l’utilisation de la contention mécanique
? Ce comité se penche sur l’utilisation de la contention
mécanique et donne des consultations aux infirmiers/ères
pour des situations complexes et problématiques.
- Rapports
? Le comité de révision des incidents reçoit
une copie de tous les rapports d’incidents. Ceci aide les
autres milieux de travail à s’impliquer dans le processus.
- Isolement et contention
? Le critère pour une réévaluation rapide
et la sortie a été cliniquement redéfini
afin de s’assurer que ceci demeure un processus objectif.
Comme résultat, le nombre de minutes que la personne passe
en isolement ou en contention a été diminué
de façon drastique.
Revendications
auprès des établissements concernés
Le présent document traite de l’utilisation
des mesures de contrôle d’une façon très
spécifique. Comme nous l’avons déjà
mentionné, nous visons l’élimination de ces
pratiques, toutefois si l’une ou l’autre des mesures
de contrôle devait être mise en pratique, nous proposons
ici aux établissements certains éléments
qui nous apparaissent comme essentiels pour le respect des personnes
et nous les invitons à intégrer ces éléments
à leur protocole. Le présent ouvrage n’est
pas exhaustif ; nous n’avons donc pas la prétention
de couvrir dans cette démarche l’ensemble du protocole
régissant l’isolement et la contention en milieu
psychiatrique.
1- Aspects préventifs
Toute véritable démarche
préventive de nature systématique exige que l’établissement
ait un questionnement permanent sur ses pratiques. Suite à
notre expérience auprès des personnes usagères
des services psychiatriques, nous avons identifié 7 situations
déclencheurs de stress et de frustrations chez ces personnes.
Situations qui peuvent justement provoquer une spirale de violence
entre soignantEs et soignéEs.
- L’internement involontaire : habituellement
qu’une personne hospitalisée contre son gré
vit un fort ressentiment. Il importe alors pour le personnel d’être
particulièrement attentif à cette situation.
- La pratique des portes barrées en psychiatrie : La grande
majorité des départements de psychiatrie de la Montérégie
tiennent barrée la porte du département. Cette pratique,
dans une optique de respecter la liberté de mouvement des
personnes, nous apparaît contre-indiquée puisqu’elle
envoie un message permanent de contrôle. Au contraire, nous
disons que la liberté est thérapeutique.
- La période obligatoire de repos après les repas
: Un repos après les repas peut sembler une bonne idée
mais pourquoi exiger que toutes les personnes soient dans leur
chambre. Il y a place ici à un ajustement où les
personnes pourraient choisir de se retirer dans leur chambre si
tel est leur souhait. Il importe alors de respecter par son comportement
les personnes au repos.
- Le consentement à une mesure de retrait : Lorsqu’une
personne est retirée à sa chambre dans le cadre
d’une mesure de retrait, nous nous interrogeons évidemment
sur la nature d’un consentement. Est-il vraiment libre et
éclairé ? Ainsi les «plans de chambre»
qui isolent la personne pendant de longues heures et mêmes
des journées nous apparaissent nettement abusifs. ? Il
ne faut pas non plus abuser du consentement substitué.
Nous ne sommes pas ici en situation d’urgence.
- La restriction des cigarettes : Les personnes psychiatrisées
fument ; c’est bien connu. Il importe de respecter ce choix
tout en aménageant des espaces leur permettant de fumer.
- L’absence d’activités : Le quotidien n’est
pas facile en département de psychiatrie. Il importe alors
d’offrir diverses activités afin que les personnes
puissent s’épanouir.
- L’accès au téléphone : Des départements
de psychiatrie restreignent indûment l’accès
au téléphone public. Cette situation se doit d’être
corrigée.
La personne doit être au centre de
sa démarche thérapeutique, dans une approche basée
sur l’appropriation du pouvoir de l’individu. Les
centres hospitaliers doivent avoir un formulaire de dépistage
des traumatismes qui sera proposé à la personne
lors de l’évaluation initiale ou dès que la
situation le permet. Ce formulaire sera auto-administré,
mais la personne qui le désire pourra le remplir avec l’aide
d’un membre du personnel ou d’une personne de son
choix. Cela servira d’outil afin d’avoir des interventions
en fonction du vécu de la personne. On devra y retrouver
des questions concernant les antécédents de traumatismes
et des informations pertinentes. Ceci vise à éviter
une possible victimisation secondaire liée à l’utilisation
de mesures de contrôle.
1.1) D’autre part, un formulaire
de désamorçage des crises devra être rempli.
Ce formulaire sera rempli avec la personne usagère afin
de développer des stratégies pour désamorcer
une situation de crise, d’agitation et/ou de détresse.
Ceci en favorisant une optique d’alternative aux mesures
de contentions et d’isolement. L’individu sera à
même d’exprimer ce qu’il préconise pour
prévenir ou désamorcer son état de crise.
Par exemple, la personne peut, comme alternative, choisir de se
retirer dans sa chambre pour quelques temps et en sortir à
sa convenance. Elle est donc en contrôle du temps qu’elle
veut y demeurer. Elle peut, si elle le désire, être
accompagnée durant cette période.
La chambre de retrait est un lieu qui n’est
pas barré. Elle est utilisée pour réduire
la stimulation et aider la personne à reprendre le contrôle
d’elle-même. L’atmosphère doit donc être
propice à la détente. La personne a la possibilité
d’être accompagnée.
1.2) Considérant que le sexe des
intervenantsEs appelésEs à travailler auprès
des personnes revêt un caractère important (particulièrement
lorsque la personne présente un historique d’abus),
le personnel devra se référer au choix de la personne
pour guider les interventions.
1.3) Une réévaluation doit
être faite de façon ponctuelle afin de permettre
:
? De ramener quelques suggestions à une perspective plus
réaliste si nécessaire.
? De tenir compte de l’évolution et des besoins de
la personne.
En cas de crise, le personnel se doit de
revoir avec la personne les alternatives pour désamorcer
une situation de crise et ce, en lien avec le formulaire. Le personnel
a aussi la responsabilité de suggérer des alternatives
en tenant compte bien entendu des besoins de l’individu.
D’aucune façon, l’utilisation de substances
chimiques à titre de mesure de contrôle, l’isolement
et la contention mécanique ne doivent être considérés
comme des alternatives.
2) L’application des mesures de contrôle
Advenant l’utilisation exceptionnelle
des mesures de contrôle (isolement, contention, utilisation
de substances chimiques) idéalement une seule méthode
doit être utilisée. Cependant, une personne mise
en isolement ne doit pas être contentionnée. Cette
méthode doit être la moins contraignante pour la
personne et ce, tel qu’il appert dans les orientations ministérielles.
Il est important de se référer au formulaire de
désamorçage des crises où la personne s’est
exprimée sur les méthodes et en a suggérées.
Tout en considérant, bien entendu, l’impact de ce
choix. (s’assurer que la personne ne veut pas se punir en
inscrivant, par exemple, la contention et l’isolement).
2.1) Lorsque qu’utilisées,
le personnel doit se référer au dossier de la personne
et donc au questionnaire pour évaluer concrètement
les indications cliniques des méthodes utilisées
et des risques physiques et psychologiques pour la personne qui
subit une telle mesure.
? Lors de l’utilisation de mesures
exceptionnelles, les personnes doivent avoir l’opportunité
de voir l’heure.
? Une femme en période de menstruations
doit avoir l’opportunité de changer elle-même
ses serviettes hygiéniques ou tampons, idéalement
même lors de l’utilisation de mesures exceptionnelles.
- Le confort de la personne doit être
assuré en tout temps. (Par exemple : offrir une couverture
au besoin ou sur demande, donner une oreiller, etc.)
- La personne ne doit pas être déshabillée.
Le cas échéant, de ne pas retirer les sous-vêtements.
2.2) La mesure doit être bien expliquée
à la personne et dans un langage qu’elle comprend.
2.3) Une équipe de clinicien(ne)s
devra être formée. Le travail de cette équipe
sera d’accompagner les personnes qui vivent des mesures
exceptionnelles, leur offrir un support moral et psychologique.
Ces personnes devront être extérieures à l’utilisation
des mesures de contrôle. Cette équipe sera par ailleurs
en lien avec le comité de gestion des risques. (voir point
3)
2.4) Dans les heures qui suivent l’utilisation exceptionnelle
d’une mesure de contrôle, un retour doit être
fait avec la personne par un membre de l’équipe de
clinicien(ne)s. L’intervenantE doit noter les commentaires,
les impressions, les émotions, les chocs ressentis par
la personne (à moins que celle-ci désire le faire
par elle-même). Après avoir été validées
par la personne, ces informations devront être jointes au
dossier. Ces impressions devront être prises en considération
si une mesure exceptionnelle de contrôle doit de nouveau
être appliquée.
2.5) Il devra y avoir un retour sur les interventions ayant mené
à l’utilisation exceptionnelle des mesures de contrôle
avec les intervenantes. Le but de ce retour est de supporter l’intervenante
dans son travail, à verbaliser les situations et à trouver des solutions moins contraignantes.
3) Gestion et reddition de comptes
La protection des droits des personnes usagères est intimement
liée à la mission des établissements. D’ailleurs,
l’article 183.1 de la Loi sur les services de santé
et les services sociaux stipule que le plan d’organisation
de tout établissement doit prévoir la formation
d’un comité de gestion des risques.
« 183.2 Ce comité a pour fonctions de recherche,
de développer et de promouvoir des services des moyens
visant :
1- à assurer la sécurité des usagers
2- à réduire l’incidence des effets indésirables
et des accidents liés à la prestation des services
de santé et des services sociaux.»
Les situations où l’on fait appel à des pratiques
d’isolement et de contention en établissement doivent
donc relever de ce processus. Ce comité aura accès
aux feuilles d’impression des personnes (point 2.4) et au
formulaire de retour sur les interventions. (Ces informations
seront bien entendu dénominalisées)
4) Formation
4.1) Tout le personnel appelé à travailler sur le
département doit avoir reçu au préalable,
une formation en relation d’aide spécifique en temps
de crise, sur l’appropriation du pouvoir et sur la problématique
de la victimisation secondaire. Ces formations seront fondées
sur l’analyse différenciée selon les sexes.
5) Isolement
5.1) Mesure de contrôle qui consiste à confiner une
personne dans un lieu, pour un temps déterminé,
d’où elle ne peut sortir librement.
5.2) L’utilisation de la salle d’isolement doit suivre
les directives suivantes :
? Seuls les adultes et les adolescentEs âgéEs entre 14 et 17 ans peuvent être conduitEs
dans la salle d’isolement. Cette mesure ne doit pas être
utilisée chez des enfants de moins de 14 ans.
? Une prescription est requise et ne doit pas excéder une
heure pour les adultes.
? Pour les adolescentEs âgéEs entre 14 et 17 ans,
la prescription doit se limiter à 30 minutes.
? Si aucun médecin n’est disponible lors d’une
situation d’urgence nécessitant l’utilisation
de l’isolement, une prescription verbale est nécessaire.
? Un médecin doit rencontrer l’adulte dans l’heure
qui suit le début de l’isolement.
? Pour les adolescentEs âgéEs entre 14 et 17 ans,
un médecin doit rencontrer la personne dans les 30 minutes
suivant le début de l’isolement.
? Le monitoring doit se faire aux 15 minutes et doit contenir
:
• Les signes vitaux
• Les blessures
• L’évaluation de la dangerosité immédiate
• La personne doit se faire offrir des fluides
• La personne doit pouvoir aller aux toilettes
Tous ces items doivent être inscrits
au dossier
- La personne mise en salle d’isolement
doit pouvoir, regarder à l’extérieur.
? Les caméras vidéos portent atteinte à l’intégrité
des personnes. Elles n’ont pas leur place dans les salles
d’isolement.
? L’isolement ne doit pas être utilisé lorsque
la personne présente un portrait suicidaire ou d’automutilation.
Ces personnes doivent être accompagnées pour prévenir
de tels agissements. L’accompagnement doit privilégier
une approche individualisée, qui permettra à la
personne de verbaliser ce qu’elle vit.
? En aucun temps les personnes ayant une histoire de kidnapping
ou de séquestration ne doivent être mises en salle
d’isolement.
? L’isolement ne doit pas être utilisé lorsque
la personne présente des conditions médicales ou
des troubles spécifiques qui pourraient être aggravés
par cette mesure de contrôle (ex : claustrophobie)
? Un médecin doit rencontrer la personne avant de renouveler
la prescription. Tout comme la prescription initiale, chaque nouvelle
prescription ne doit pas excéder une heure pour les adultes
et 30 minutes pour les adolescentEs âgéEs entre 14
et 17 ans.
? La prescription est renouvelable jusqu’à un maximum
de 3 fois.
? Il ne doit pas y avoir de prescriptions PRN pour l’utilisation
de l’isolement.
6) Contention
6.1) Mesure de contrôle qui consiste à empêcher
ou à limiter la liberté de mouvement d’une
personne en utilisant la force humaine, un moyen mécanique
ou en la privant d’un moyen qu’elle utilise pour pallier
un handicap.
Tous ces items doivent être inscrits
au dossier de la personne
? L’histoire des traumatismes de
la personne doit être prise en considération. L’utilisation
de la contention ne doit pas être utilisée si la
personne présente une histoire d’abus sexuel ou physique.
6.2) L’utilisation de la contention
mécanique comme mesure de contrôle doit suivre les
directives suivantes :
? L’utilisation de la contention mécanique peut s’appliquer
seulement pour les adultes. Les enfants et adolescentEs de moins
de 18 ans ne doivent pas faire l’objet d’une telle
mesure.
? Une prescription est requise et ne doit pas excéder une
heure pour les adultes.
? Si aucun médecin n’est disponible lors d’une
situation d’urgence nécessitant l’utilisation
de la contention mécanique, une prescription verbale est
nécessaire.
? Un médecin doit rencontrer l’adulte dans l’heure
qui suit le début de l’utilisation de la contention
mécanique.
? Lors de la contention mécanique, seules les sangles peuvent
être utilisées.
? L’utilisation de la contention mécanique doit se
faire dans un lieu qui n’est pas barré, la porte
doit être entrouverte. L’atmosphère doit être
apaisante.
? La contention mécanique ne doit pas être utilisée
lorsque la personne présente un portrait suicidaire. La
personne doit être accompagnée pour prévenir
de tels agissements. L’accompagnement doit privilégier
une approche individualisée, qui permettra à la
personne de verbaliser ce qu’elle vit.
? La contention mécanique ne doit pas être utilisée
lorsque la personne présente des conditions médicales
ou des troubles spécifiques qui pourraient être aggravés
par cette mesure de contrôle. (ex : fibromyalgie, asthme)
? Un médecin doit rencontrer l’individu avant de
renouveler la prescription. Tout comme la prescription initiale,
chaque nouvelle prescription ne doit pas excéder une heure.
? La prescription est renouvelable jusqu’à un maximum
de trois (3) fois.
? Il ne doit pas y avoir de prescription PRN pour l’utilisation
de la contention mécanique.
? Le monitoring doit se faire aux 10 minutes et doit contenir
:
• Les signes vitaux.
• Les blessures.
• L’évaluation de la dangerosité immédiate.
• La personne doit se faire offrir des fluides.
• La personne doit pouvoir aller aux toilettes.
6.3) L’utilisation de la contention
physique doit suivre les directives suivantes :
? Pas plus de deux membres du personnel pour immobiliser la personne.
En aucun temps le personnel doit se servir de son poids pour maintenir
la personne en place.
? Un membre du personnel doit observer et inscrire au dossier
l’état physique et émotif de la personne immobilisée
aux 10 minutes.
? Lors de l’utilisation de la contention physique, la personne
doit pouvoir changer de position toutes les 5 minutes.
? En aucun temps, les membres du personnel ne doivent bloquer
le système respiratoire.
7) Substances chimiques
7.1) Mesure de contrôle qui consiste à limiter la
capacité d’action d’une personne en lui administrant
un médicament.
7.2) L’utilisation de substances
chimiques à titre de mesure de contrôle doit suivre
les directives suivantes :
? L’utilisation de substances chimiques
doit être une solution de dernier recours, lorsque les autres
pratiques se sont avérées inefficaces.
? L’utilisation de substances chimiques peut s’appliquer
pour les adultes et les adolescentEs âgéEs de 14
à 17 ans uniquement.
? L’hôpital doit se doter de balises et d’un
protocole clair en ce qui concerne l’utilisation de substances
chimiques comme mesure de contrôle et spécifier quels
seront les médicaments et doses maximales utilisés.
? Une prescription est requise et elle n’est pas renouvelable.
La mesure doit être de la plus courte durée possible,
viser un impact et des effets secondaires les moins contraignants
possibles.
? Si aucun médecin n’est disponible lors d’une
situation d’urgence nécessitant l’utilisation
de substances chimiques comme mesure de contrôle, une prescription
verbale est nécessaire.
? Un médecin doit rencontrer la personne dans l’heure
qui suit le début de la mesure.
? L’histoire des traumatismes de la personne doit être
prise en considération. L’utilisation de la contention
chimique ne doit pas être utilisée si la personne
présente une histoire d’abus sous l’effet de
substances (ex : drogue du viol).
? Le monitoring doit se faire aux 15 minutes
et doit contenir :
? Les signes vitaux.
? Les blessures et/ou effets secondaires.
? Le confort physique.
? L’évaluation de la dangerosité
immédiate.
? La personne doit se faire offrir des
fluides (selon l’état d’éveil).
? La personne doit pouvoir aller aux toilettes
(selon l’état d’éveil).
Tous ces items doivent être inscrits
au dossier
? Il doit y avoir une formule d’assistance
au réveil afin que la personne puisse recevoir un support
physique, psychologique et moral.
? Il ne doit pas y avoir de prescription
PRN pour l’utilisation de substances chimiques comme mesure
de contrôle.
Conclusion
La société québécoise, une société
éprise du respect des droits des personnes, a enfin décidé
de s’attaquer aux pratiques d’isolement et de contention.
Il s’agit d’un événement important qui
interpelle non seulement les établissements où se
déroulent de telles pratiques mais également l’ensemble
de la société civile.
En effet, nous avons vu que la santé
mentale d’une population va bien au-delà des préoccupations
des professionnel(le)s et des intervenantEs. Qu’il importe
d’établir des passerelles entre ces établissements
et d’autres organismes afin de concrétiser une autre
approche fondée sur l’analyse différenciée
selon les sexes. Évidemment les différents acteurs
présents dans un établissement ont une lourde responsabilité
et des tâches délicates et complexes les attendent
pour qu’ils puissent agir de façon systémique.
Nous avons présenté différentes techniques,
issues de pratiques éprouvées. Ils sont perfectibles;
l’important est d’avoir cette impulsion, cette créativité
et aspiration à changer les pratiques.
D’une situation perdante qui laisse
son lot de victimes sur le carreau, il est possible de la transformer
en une situation gagnante où soignantEs et soignéEs
découvrent et explorent de nouvelles avenues.
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