Ça bouge au Collectif!
Décembre 2006
Mot du président du Collectif de défense des droits de la Montérégie

Par Normand Lemieux
Bonjour chers lecteurs,
Il me fait plaisir de vous accueillir dans cette édition du journal du Collectif! Que vous soyez membres du Collectif ou un nouveau lecteur je vous souhaite la bienvenue.
Le Collectif a de nouveaux visages en son sein. Que ce soit au niveau du conseil d'administration,des employés permanents, le visage des gens a quelque peu changé.
Le nouveau Conseil d'administration 2006-2007 a été élu au printemps 2006 et nous avons de nouveaux employés pour la permanence.
Lors du premier Conseil d'administration, mes pairs m'ont nommé président. J'ai siégé au Conseil d'administration du CDDM environ 7 ans en tout. Cela constitue un défi pour moi d'administrer l'organisme qui a juridiction sur l'ensemble de la Montérégie. Mais pour m'appuyer, j'ai la collaboration de l'ensemble des administrateurs avec l'apport de la coordonnatrice et l'écho des employés et bénévoles.
Le Collectif a comme mission de renseigner et d'accompagner toutes personnes sur le territoire de la Montérégie ayant ou ayant eu un suivi en santé mentale, à faire respecter leurs droits.
Une façon de nous appuyer dans nos démarches est de devenir membre régulier ou sympathisant. Mais mieux encore, si vous avez le goût de vous impliquer comme bénévole, c'est de participer aux divers comités du CDDM.
Il y a le comité journal, le comité femmes et le comité isolement/contention. Les divers numéros de téléphone sont inscrits dans ce journal. Si vous êtes intéressés à côtoyer des femmes et des hommes employés ou bénévoles qui vous considère comme des personnes à part entière et qui ont le droit d'être crû et bien le CDDM c'est pour vous.
À bientôt et au plaisir de vous rencontrer.
Merci
Composition du CA
Mme Normand Lemieux, président
Mme Renée Pelletier, vice-présidente
Mme Irène Champoux, administratrice
M. Fernand Grégoire, administrateur
Mme Nicole, administratrice
M. Hugo Lévesque, rep. des employés
M. Jean Rozon, administrateur
Mme Lise Tremblay, administratrice
Responsabilité des opinions émises dans le journal du CDDM.
Les opinions tenues dans cette publication appartiennent aux auteurs des textes et ne doivent pas être de nature raciste, sexiste, offensante, diffamatoire ou haineuse envers une personne ou un groupe de personnes en particulier.
Les opinions qui y sont exprimées ne sont pas nécessairement celles du Collectif, qui pourrait, le cas échéant, s'en dissocier totalement ou en partie
Le comité journal
Mot de la coordonnatrice
Les journées de la TROC-M
Les 27 et 28 septembre derniers, j'ai participé aux journées de la TROC-M (La Table des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie) qui furent, des plus intéressantes!
Cet organisme regroupe environ 200 groupes communautaires oeuvrant en santé et services sociaux sur le territoire de la Montérégie. On y retrouve donc des groupes du domaine de la santé mentale mais aussi de la jeunesse, de la toxicomanie etc. La TROC-M réunit ces groupes afin de créer une force collective pour la reconnaissance, le financement et la visibilité des groupes communautaires. Il est le principal interlocuteur de la région auprès de l'Agence de santé et des services sociaux. La TROC-M mène ou s'associe à des luttes sociales importantes telles la privatisation du système de santé public, la lutte à la pauvreté, le logement social etc. Pour être membres de la TROC-M, les groupes doivent prôner l'approche de l'éducation populaire (prise en charge des citoyens pour l'amélioration de leurs conditions de vie) dans un but de transformation sociale. Cette approche était l'essence même de la rencontre de septembre…
L'éducation populaire
M. Jean Paul Laniel de la table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain nous a expliqué que les premiers groupes populaires qui ont vu le jour dans les années 60-70 avaient une vision de société portée par des citoyens. Ils voulaient reprendre collectivement du pouvoir sur leur vie et construire une société plus juste et plus égalitaire. Avec le développement du mouvement communautaire, certains groupes sont devenus des services repris par l'État. Par exemple, les cliniques juridiques sont devenues des Commissions de services juridiques et les cliniques communautaires, des CLSC.
Ces transformations constituent des gains puisqu'ils tentent de donner des conditions de travail et de vie acceptable pour les travailleurs des groupes en assurant des services à la population. Cependant nous avons perdu la vision de transformation sociale qui en était à la base. Ainsi, pour avoir un financement récurrent, nous devons nous coller aux exigences gouvernementales. On ne travaille plus avec les gens à améliorer leurs conditions sociales (approche citoyenne) mais on travaille davantage pour les gens en leur donnant des services (approche clientèle ou approche par problèmes).
Lorsqu'on nourrit les enfants, on prend la place des parents au lieu de travailler à faire en sorte que les parents améliorent leurs propres conditions. En nous basant sur le seul service à la population, nous ne réglons pas la pauvreté, nous la gérons. Est-ce vraiment le rôle du communautaire? Selon M. Laniel, le choix est clair. Non pas que le service à la population soit inutile mais nous devons également lutter contre les problèmes à leur source et ce, avec les citoyens mêmes.
Les personnes pour lesquelles nous luttons (ou donnons des services) ne croient pas en leurs capacités. Elles intègrent trop souvent le discours selon lequel elles ne sont pas capables. M. Laniel rapporte d'ailleurs le commentaire d'un jeune qui était entouré de 3 professionnels de la santé et qui dit : « Si eux ne sont pas capables de m'aider comment pourrais-je y arriver moi tout seul? »
Lorsqu'on travaille à partir des problèmes d'une personne on lui reflète trop souvent ses incapacités. C'est notre rôle de croire dans les capacités des personnes et de leur refléter qu'ils sont effectivement capables. Il faut opter pour une approche citoyenne où l'on partage le pouvoir avec les gens concernés; le partage du pouvoir impliquant le partage du savoir, de la décision et de l'organisation des luttes ou activités. Il ne faut pas faire à leur place. C'est certain que ça va plus vite, selon M. Laniel, cependant est-ce vraiment ça notre but?. Ça n'est pas facile, les personnes sont habituées à dépendre des services. La prise en charge du pouvoir sur leur vie est un long processus.
Promotion , prévention ou guérison ?
Un autre conférencier invité fût M. René Lachapelle, organisateur communautaire du CLSC de Sorel. M. Lachapelle a indiqué qu'il faut agir sur les conditions socio-économiques ainsi que les mesures d'hygiène publique. Il faut chercher à garder les gens en santé plutôt que de miser sur le curatif. Les populations doivent prendre en main leur propre santé. Selon lui, lorsqu'on parle de pauvreté, ça n'est pas le manque de biens mais le manque de pouvoir sur leur vie qui affecte le plus les gens. Malgré cela, le budget des CLSC est de loin inférieur au budget des hôpitaux. Nous continuons, comme société, à miser sur l'approche curative au lieu de l'approche préventive alors que 86 % de la population québécoise se considère en santé !!!
La fusion des établissements misera davantage sur l'approche médicale et noiera l'action d'intervention sociale dans les milieux de vie développés par les CLSC.
Dans cette lutte à la santé, il y a 2 grands enjeux identifiés par M. Lachapelle. Tout d'abord des enjeux territoriaux . Avec le réseau intégré de services, nous passons de 19 territoires de CLSC à 11 territoires de CSSS. Le territoire d'appartenance définit la possibilité d'action des citoyens. Avec ce nouveau « découpage territoriale » les individus ne s'y reconnaîtront pas un sentiment d'appartenance ce qui diminue d'autant plus la capacité d'action citoyenne. Ainsi, les fusions risquent de ne pas fonctionner parce que les territoires regroupés sont trop différents. Le deuxième enjeu est l' enjeu citoyen . Les continuums de services doivent replacer la personne au centre. Cependant, les établissements actuels fonctionnent avec une notion de hiérarchie professionnelle plaçant le médecin au haut de la hiérarchie et laissant peu de place au citoyen. Pour M. Lachapelle, les groupes communautaires ne doivent pas être des dispensateurs à rabais de services qui devraient être donnés par l'État. Nous devons maintenir une approche globale de la personne et oublier l'approche par problèmes.
Les autres invités nous ont présentés plusieurs luttes sociales à travers l'emploi et les conditions de travail, le logement social, la lutte des femmes, l'environnement etc. Ils nous ont exprimé l'importance de se solidariser dans nos luttes pour éviter le recul dans l'exercice de nos droits. Si vous le désirez, vous pouvez recevoir le bulletin de la TROC-M qui fait bilan des témoignages de cette journée.
La deuxième journée de la TROC-M a été l'assemblée générale annuelle. En lien avec la première journée, la TROC-M se questionnera, l'année qui vient, sur la place que le communautaire devrait jouer ou non dans les continuums de services. C'est un débat qui nous concerne tous et qui nous aidera à prendre position en ce qui concerne les droits des personnes en santé mentale. Si vous désirez plus d'informations sur le plan d'action de la TROC-M pour l'année 2006-2007, n'hésitez pas à communiquer avec nous ou avec la TROC-M pour obtenir plus d'informations. Voici leurs coordonnées :
TROC – Montérégie, 39, rue Saint-Jacques, bureau 206 Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) J3B-2J6
Téléphone : (450) 347-4110
Télécopieur : (450) 347-6243
Courriel : trocmon@cam.org
Brigitte Létourneau
Bienvenue à de nouveaux travailleurs

Nouveau conseiller à Châteauguay/Valleyfield
Être là
Jamais facile de se présenter, on ne veut pas trop en mettre, paraître prétentieux, mais l'on désire aussi être fidèle à soi-même…
Je tenterai donc et ce en toute originalité, d'être fidèle à moi-même et de ne pas trop en mettre…original hein!
Mon parcours dans le communautaire débute avec « les petits frères des pauvres », un organisme qui accompagne des personnes âgées démunies affectivement. Je finissais tout juste mes études en interprétation théâtrale et l'organisme en question avait besoin d'un animateur pour la maison de vacances Juliette Huot. Ça y était, je me suis mis à souffrir de « dengoumanocommunautario » ou d'engouement pour le communautaire si vous préférez et de toute la dimension humaine qui y existait.
Ensuite, j'ai gravité dans divers organismes : ressource alternative en santé mentale, maison de jeunes, travail de rue, refuge pour itinérants, etc.
Maintenant je suis ici, parmi vous et avec un tout nouveau défi : (roulement de tambour) la défense des droits! Déjà après un mois en tant que conseiller pour la sous région de Châteauguay/Valleyfield, je me sens chez moi. J'ai la conviction que nous avons tous droit à notre place au soleil et que les droits fondamentaux ne doivent en aucun cas être bafoués…c'est exactement là que je désire intervenir… être là!
Me dire, comme dans une certaine chanson de Serge Reggiani : quelque chose a changé pendant que je passais….
Patrick Melchior
Remplacement à Longueuil
B onjour à tous et à toutes,
Je suis la dernière recrue du Collectif. Je travaille en remplacement de Francine Bouchard depuis le 9 octobre comme conseillère à Longueuil. J'ai fais mes études en technique de travail social au Cégep de Sherbrooke. Mes expériences de travail sont SOS Dépannage de Granby ( banque alimentaire ). J'ai également œuvré au sein du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Granby en tant que stagiaire. Je poursuis encore aujourd'hui mon implication dans cet organisme comme militante et membre de la Collective. Voilà un peu mon parcours professionnel. Je suis très heureuse d'être parmi l'équipe dynamique du CDDM et souhaite que mon implication contribue au mieux-être des usagers.
Sonia St-Onge
Nouveau poste, nouvel employé !
Bonjour de la part de l'organisateur communautaire du Collectif ! Et oui, seul représentant de mon espèce, je suis ici pour travailler essentiellement de façon…collective ! Représentation du Collectif au sein de Tables, participation aux comités du CDDM et élaboration d'outils sont mes principales tâches. De plus, j'ai l'immense privilège d'accompagner une stagiaire en organisation communautaire, Mylène Rodier, qui m'accompagnera dans mes différentes tâches. Ceci dit, je suis très heureux de pouvoir être au Collectif. En effet, mon parcours m'a amené à m'intéresser à la défense des droits et la santé mentale : j'ai d'abord complété un baccalauréat en psychologie tout en travaillant comme intervenant dans un centre de crise à Montréal, ce qui m'a sensibilisé à la santé mentale et aux injustices. Par la suite, j'ai entamé une maîtrise en service social et j'ai eu la chance d'être assistant de recherche pour Lourdes Rodriguez dans le cadre d'un programme sur la médicalisation des problèmes en santé mentale et psychosociaux, ce qui m'a permis de constater la domination (ou l'hégémonie) du système médical et du rapport de pouvoir qu'il peut constituer avec les citoyens requérants ses services. Finalement, j'ai fait un stage en organisation communautaire au CLSC des Faubourgs et ce fut l'histoire d'amour avec cette profession. Donc, tous ces éléments m'ont amené à vouloir travailler ici et à participer à l'amélioration de la condition des personnes vivant une difficulté en santé mentale ! Au plaisir de vous rencontrer !
Hugo Lévesque
Nouvelle stagiaire
Bonjour à vous chers(ères) lecteurs(trices)!
Mon nom est Mylène Rodier et il me fait plaisir de vous annoncer que j'effectue présentement un stage en tant qu'adjointe à l'organisateur communautaire au sein du Collectif. J'ai connu l'organisme dans le cadre de mes études en techniques de travail social. La mission du CDDM a suscité chez moi un grand intérêt et de là est venu mon désir de m'impliquer.
J'ai à mon actif diverses expériences qui m'ont beaucoup sensibilisée envers la réalité que vivent les gens ayant une problématique en santé mentale. J'ai entre autre travaillé pour une maison d'hébergement pour femmes en santé mentale à Granby. J'ai également fait du bénévolat dans plusieurs ressources communautaires.
Dans le cadre de mon stage, j'aurai sûrement la chance de connaître quelques uns (unes) d'entre vous, car je vais être impliquée à divers niveaux. Au plaisir de vous rencontrer!
Mylène Rodier
Les préjugés en santé mentale
« Il est plus facile de briser un atome que de faire disparaître un préjugé. » (Einstein). Tout le monde sait bien que les personnes en santé mentale sont victimes de préjugés. Le plus bel exemple est le rejet de notre famille quand on se ramasse en psychiatrie ou encore quand une connaissance change de trottoir quand elle nous voit.
Au Collectif, nous ne ressentons pas ce rejet : il y a bien longtemps le gouvernement (1989, Politique de santé mentale) a été sensibilisé au fait que nos droits sont bafoués. Cette fameuse étiquette de «fou» existe pourtant depuis des millénaires. Au 17 ème siècle, les gens atteints d'une maladie en santé mentale étaient enfermés à vie. Saviez-vous que seulement 1% des cas psychopathologiques sont vraiment dangereux ?
Ces préjugés nous causent du tort : allez donc chercher un emploi avec cette étiquette ! Le CDDM nous aide en défendant nos droits et nous laisse une place de choix avec sa vie associative (les comités par exemple).
Une personne sur cinq connaîtra des problèmes de santé mentale au cours de sa vie ; même les «psy» ont leur épisode de folie. L'union fait la force : il faudrait que tous les gens en santé mentale se regroupent et se serrent les coudes pour faire bouger les choses au plan politique car certains psychiatres aimeraient avoir plus de pouvoir sur nous.
N'hésitez pas à consulter le Collectif pour vous éclairer au sujet de vos droits.
Jean Rozon
DÉLIRES MEURTRIERS : LA FAUTE AU LÉGISLATEUR?
M e Ian-Kristian Ladouceur et Me Marc Plamondon, avocats.
Réalisé par la journaliste d'enquête Madeleine Roy , l'émission télévisée Enjeux diffusait cette semaine ( 18 octobre 2006 ) un reportage sur les délires meurtriers . C'est avec beaucoup d'intérêt et de curiosité que la journaliste s'est intéressée au domaine du droit de la santé mentale, à ses conséquences sur les victimes de personnes souffrant de troubles mentaux, qui deviennent soudainement et sans avertissement extrêmement dangereuses pour elles-mêmes et/ou la société. L 'enquête permet de faire un peu de lumière sur un sujet qui demeure souvent tabou et rempli de préjugés, la société ayant toujours "peur du fou".
Aussi, le reportage a mis en évidence un discours médical psychiatrique radical qui cherche à modifier une législation aux fins de la rendre plus répressive à l'égard des usagers du système de santé. Dr Gilles Chamberland, avocat, psychiatre et président du comité d'éthique à l'Institut Philippe Pinel, insiste beaucoup pour dire que la législation actuelle (Loi sur la protection des personnes dont l'état mental pour elles-mêmes et/ou pour autrui et le Code civil du Québec) est inefficace et trop permissive pour les personnes souffrant de troubles mentaux. Selon lui, la législation en matière de santé mentale doit être modifiée pour permettre, plus facilement, d'enfermer et de traiter médicalement les personnes dangereuses souffrant de problèmes mentaux. Notre législation actuelle serait trop permissive et il serait extrêmement difficile d'hospitaliser contre leur gré des personnes dangereuses.
Sans avoir vérifier ou cherchant à ignorer ce qui se passe dans la réalité judiciaire, le Dr. Gilles Chamberland, insiste pour dire qu'une Loi plus contraignante préviendrait la commission de crimes par des personnes souffrant de problèmes mentaux. Pour ce spécialiste de la psychiatrie légale, il faut traiter le patient psychiatrique avant qu'il commette un crime. Dans ce monde utopique décrit par Dr. Gilles Chamberland où l'on prévient un crime par l'imposition d'une médication psychiatrique, on est légitimé de se questionner sur les conséquences médicales, juridiques et éthiques d'un tel discours médico-légal répressif, d'autant que l'Institut Philippe de Montréal n'est plus une prison depuis de nombreuses années mais bel et bien un hôpital lié au centre universitaire hospitalier de l'université de Montréal.
Du strict point de vue juridique, il est faux d'affirmer que les droits et libertés stipulés par nos Chartes et notre législation québécoise rendent difficile l'hospitalisation forcé et le traitement médical des personnes souffrant de problèmes mentaux.
Le 30 novembre 2005, le groupe de défense des droits en santé mentale Action Autonomie de Montréal rendait public son rapport sur l'application de la Loi P-38 .001 sur la protection des personnes. Ce rapport comporte une analyse rigoureuse et objective des données contenues dans l'ensemble des dossiers de la Cour du Québec du district de Montréal pour l'année 2004 qui sont relatifs aux procédures d'internement psychiatrique.
L'un des constats majeurs qui ressort de cette recherche, c'est que s ur 2136 requêtes pour garde en établissement psychiatrique et en renouvellement de garde présentées à la Cour du Québec de Montréal pour l'année 2004, seulement 18 requêtes ont été rejetées par la Cour du Québec du palais de justice de Montréal . Par conséquent, les hôpitaux du district de Montréal obtiennent gain de cause dans 99% des demandes d'internement psychiatrique forcées.
Contrairement aux prétentions du Dr. Gilles Chamberland, on doit plutôt se questionner à bon droit sur le rôle et l'utilité de la Cour du Québec dans ce type de dossier compte tenu que sur 2136 requêtes pour internement psychiatrique, seulement 18 ont été rejetées par la Cour du Québec du district de Montréal en 2004, soit moins de un pourcent (1%) des requêtes. Se sentant liée par les seules recommandations des médecins, la Cour du Québec semble être devenue la caution judiciaire du pouvoir médical, dont le Juge ne serait qu'un simple rouage automatique de contrôle ou “ rubber stamp ”.
Dès lors, on ne peut affirmer que la législation en matière de santé mentale est trop permissive à l'égard des personnes dangereuses ayant des problèmes de santé mentale. On doit plutôt se questionner sur l'existence effective d'un système judiciaire indépendant, équitable et respectueux des droits des personnes aux prises avec un problème de santé mentale. Sans vouloir minimiser le rôle de notre magistrature en matière de santé mentale et devant la “peur du fou”, notre Cour du Québec adopte trop souvent une attitude paternaliste vis-à-vis la personne malade et décide du sort de la requête non pas sur la base légale d'une dangerosité objective, mais sur l'ascendant du pouvoir médical psychiatrique sur le Tribunal et les droits des accusés.
Deuxième constat majeur relevé par la recherche réalisée par le groupe Action Autonomie, sur 2136 requêtes présentées à la Cour du Québec en 2004, 520 personnes se sont présentées au palais de Justice de Montréal pour contester la requête. Sur ce nombre, seulement 327 personnes étaient représentées par avocat, lesquels n'ont pas manifestement pu influencer le tribunal.
Pourtant, la Loi sur la protection des personnes prévoit l'obligation d'informer la personne malade de son droit à l'avocat. Les articles 14 et 15 de la Loi prévoient que le policier et l'établissement de santé doivent aviser la personne de son droit à l'avocat et des motifs pour lesquels on veut l'amener à l'hôpital. En vertu de l'article 16 et lorsqu'un jugement relatif à la garde est rendu par la Cour du Québec, l'hôpital a également la responsabilité de remettre à la personne un document conforme à la Loi et qui l'avise de ses droits . Dans un tel contexte, il est surprenant de constater le faible taux de personnes représentées à la Cour, soit moins de seize pour cent (16%) de celles qui sont soumises à une mesure judiciaire privative de liberté sont représentées par avocat.
En matière de droit de la santé mentale, le législateur québécois a intérêt à placer au centre de ses priorités le respect intégral des droits des personnes, au risque d'en payer le prix social.
Évidemment, il faut traiter la maladie des personnes souffrant d'un problème psychiatrique, mais cela doit se faire avant tout dans le respect de l'intégrité de la personne et de ses droits fondamentaux, ce à quoi nos tribunaux doivent participer dans le plus grand intérêt du justiciable que demeure, nous devons hélas le rappeler, la personne souffrant de maladie mentale.
Le docteur Chamberland propose ici une approche qui n'est partage ni par le Ministre de la Santé, ni par les groupes de défenses des personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Dans cette perspective le psychiatre de Pinel devrait s'interroger sur l'isolement dans lequel se développe sa réflexion, l'enfermement théorique étant peut-être le prolongement d'un autre sur le plan institutionnel. Habitué à soigner une clientèle criminalisée, l'équipe de Pinel voit dans les pratiques carcérales et autoritaires une formule gagnante qui a fait sa marque de commerce. Mais en dehors des murs de l'institution carcérale psychiatrique, autant au ministère de la santé que dans les groupes d' intervenants publics et communautaires comme dans les grandes institutions internationales de psychiatrie, ont convient unanimement que les interventions doivent être les moins attentatoires et les moins contraignantes à la liberté et à l'intégrité du patient. Même la loi de la santé et des services sociaux en a pris acte à l'article 118.1 relatif à l'usage des contentions et de l'isolement.
Dans cette perspective, l'appel du clairon par le responsable de l'éthique psychiatrique de Pinel nous apparaît absolument surprenante, non seulement parce qu'il avance des positions réfutées par l'Association mondiale de psychiatrie depuis la fin des années 1980, mais encore parce qu'il ignore les donnés essentielles citées plus haut qui démontrent que les psychiatres ont déjà les outils qu'ils réclament, à moins de vouloir en plus, interner aussi les 18 patients sortis par miracle des griffes du système psychiatrique doublés par grillage du préjugé favorable du tribunal. L'abolition pure et simple de la Charte des droits et pourquoi pas du tribunal lui-même viendrait certainement combler toutes les espérances du psychiatre Chamberland mais ferait peut-être hésiter l'avocat qu'il affiche encore d'être. L'éthicien quant à lui, comme lors de l'émission en cause, resterait dans le placard.
Les personnes plus éclairées et plus proches peut-être des réalités quotidiennes proposent plutôt le renforcement des supports sociaux aux patients et à leur famille, pour éviter les explosions –toujours imprévisibles- et la continuité des soins et services, notamment communautaires, pour assurer le suivi des traitements et éviter le syndrome de la porte tournante. Au tribunal, nous réclamerons encore davantage de rigueur et d'indépendance des juges qui sont collectivement habités par la « peur du fou » plutôt que par la crainte de l'injustice. A cet égard, les chiffres parlent d'eux-mêmes! Le docteur Chamberland et les journalistes de Radio Canada devraient eux aussi en prendre bonne note.
Difficile pour les psychiatrisés, de faire reconnaître leur maux physiques…
I l peut être difficile, une fois diagnostiqué comme personne ayant des problèmes de santé mentale, de pouvoir se dissocier de cette fâcheuse étiquette, mis à l'avant-plan, à son dossier médical. En conséquence, les gens risquent ensuite, d'avoir de la difficulté à faire reconnaître leurs maux physiques lorsqu'ils sont souffrants.
Mentionnons aussi, par le fait même, que de souffrir continuellement, sans que l'on puisse trouver la cause des symptômes et par conséquent, pouvoir en soulager les douleurs, peut inversement, amener les gens à devenir découragés et dépressifs.
C'est le cas par exemple, de personnes atteintes de fibromyalgie. La médecine reconnaît officiellement cette maladie que depuis quelques années. On se questionne encore sur la certitude des causes engendrant cette affection se résumant à des douleurs chroniques diffuses et à de la fatigue omniprésente. Puisque plusieurs fibromyalgiques sont aussi atteints de dépression, on se questionne sur la théorie de l'œuf ou de la poule : La personne est–elle devenue dépressive suite au fait d'être continuellement souffrante ou est-elle atteinte de cette maladie suite à un épisode dépressif? Mentionnons que dans la majorité des cas, il s'est passé plusieurs années de souffrance avant qu'on ait pu enfin rendre le diagnostique de fibromyalgie.
Comme dans bien des maladies, pendant de longues années, plusieurs personnes penseront ou se feront dire que c'est dans leur tête! Lorsque les affectations soulevées par les gens ne sont pas visibles à l'œil nu, il peut être très difficile de comprendre la source du problème puisque plusieurs causes peuvent impliquer les mêmes symptômes. Après quelques examens effectués sans qu'aucune maladie ne soit détectée, il arrive trop souvent qu'un psychiatrisé se voit retourner en psychiatrie…
En voici quelques exemples, tirés de faits vécus où des psychiatrisés ont eu peine à faire traiter leur problématique physique :
Un homme se présente au centre hospitalier de son secteur, puisqu'un morceau de carotte est demeuré coincé dans sa gorge. Étant incapable de parler, mais bien connu des instances hospitalières, on présumait qu'il se présentait encore pour des troubles psychiatriques. En conséquence, on demanda aux archives de sortir son dossier psychiatrique avant même qu'on ait compris la véritable raison de sa consultation...
Un autre monsieur indemnisé par la CSST à la suite d'une blessure au dos, causée par une chute au travail, rapporte à son médecin de famille dans les mois qui suivent, qu'il est affligé aussi par d'autres douleurs, suite à l'accident. Monsieur explique avoir mal au cou, avoir des engourdissements et des picotements dans les bras et les mains, en plus d'avoir des chocs dans la tête. En conséquence, son généraliste l'envoi consulter différents spécialistes afin d'y subir des examens. Mentionnons cependant que sur la référence, le médecin prend soin toutefois, de spécifier que monsieur a des antécédents de maladie mentale…! Suite aux différents examens, rien ne pouvait expliquer les douleurs ressenties. Son médecin décide alors de retourner son patient consulter en psychiatrie, puisque les douleurs à la tête seraient, selon lui, en lien avec la maladie mentale. Plusieurs mois se sont écoulés et monsieur se plaint toujours de ces mêmes douleurs malgré la médication psychiatrique prescrite. Pendant ce temps, parallèlement à tout cela, monsieur est devenu effectivement dépressif, puisque rien ne pouvait le soulager. Durant une crise de douleur, il se présente désespérément, à l'urgence de l'hôpital, afin qu'on puisse enfin soulager ce martyre. Suite à un rayon X, on soupçonne qu'une hernie cervicale pourrait être en cause. Ayant déjà assez attendu, monsieur décide alors de se tourner vers une clinique privée, afin d'y passer une résonance magnétique. Celle-ci confirmera effectivement le tout, alors qu'il a été victime de ces douleurs pendant presque un an!
Voici des exemples de situation qui tiennent à démontrer qu'il est souvent facile d'associer tous les problèmes, à la maladie mentale, lorsque l'on est étiqueté. Finalement, on doit surtout questionner sérieusement, les raisons qui justifient qu'un médecin spécifie un diagnostique de santé mentale, lorsqu'il s'agit d'une référence pour un examen physique!
Stéphanie Gendron
Témoignage de cette difficulté…
Moi-même Nicole Laforest, je confirme ce que j'écris, c'est la vérité. Voici mon vécu en 1990. Je demeurais à St-Gabrielle de Brendon. Je me fais cambrioler en pleine nuit et au même moment j'ai une pneumonie. J'ai de la difficulté à dormir car j'ai peur pour mon fils. Je vais à l'hôpital et le médecin décide de me rentrer en psychiatrie Le Centre des services sociaux place mon garçon en famille d'accueil. Quatre jours après, ils ont vue que je faisais une pneumonie et pourtant, je leur avais dit. Enfin, je n'ai jamais pris les médicaments qu'ils m'ont donnés au début. Je prenais juste les pilules pour ma pneumonie. Après ils m'ont laissée sortir. On m'a offert aucun suivie. Je me suis arrangée seule !
Le 31 décembre 2003, je me suis présentée au Centre hospitalier de Sherbrooke en ambulance. On me garde à cause du cœur. Je vais voir un médecin résident (c'est-à-dire un étudiant en médecine qui fait un stage) et il me dit que je suis une grosse paresseuse et que je dois faire de l'exercice. Je sors de l'hôpital et je reviens dans la nuit. Le même médecin résident me revoit et dit que j'ai besoin de voir un psychiatre parce que mon problème est entre mes deux oreilles. Il a dû regarder dans mon dossier et voir que j'avais déjà eu des difficultés en santé mentale. Je retourne une troisième fois et je vois un autre médecin et je lui demande de voir un psychiatre car le médecin résident m'avait dit que je devais voir le psychiatre. Celui-ci me répond qu'il est cardiologue et que je n'ai pas besoin de voir de psychiatre, que j'ai vraiment un problème à mon cœur.
Est-ce que les personnes qui ont un problème de santé mentale et qui consultent pour un problème physique, c'est toutes entre les deux oreilles ? À suivre de très près.
Nicole
Youpi j'ai gagné …
AVIS DE RECHERCHE
Pour le CDDM, le mot gagner ne signifie pas seulement obtenir gain de cause au niveau juridique, médical ou social. C'est aussi et surtout, prendre sa place en s'appropriant du pouvoir sur sa vie. C'est aussi simplement de faire valoir un droit dans lequel on s'est senti(e) lésé(e).
Malgré que vous n'avez peut-être pas eu nécessairement gain de cause, vous avez défendu vos droits, et ça c'est un gain ! Ainsi vous avez possiblement retrouvé la fierté et l'estime de vous lors de ce processus d'appropriation du pouvoir … Ce pouvoir vous le possédiez mais vous l'aviez peut-être oublié…
Alors si vous êtes l'une de ces personnes qui reconnaissez qu'en ayant défendu vos droits vous y gagnez quelque chose, nous avons besoin de vous. Votre témoignage encouragera certainement d'autres personnes comme vous, à prendre leur place.
Le comité journal souhaite que vous nous fassiez parvenir un texte qui explique le contexte dans lequel vous y avez gagné. Ce texte ne doit cependant pas identifier des personnes ou des instituts et devra être accompagné de vos coordonnées afin que je puisse vous contacter.
Vous pouvez faire parvenir vos textes à :
Jean Rozon
1195 St-Antoine local 305
St-Hyacinthe QC J2S 3K6
rozonjean@hotmail.com
B onjour chers lecteurs, lectrices,
Aujourd'hui je vais vous parler de mon implication au sein du Collectif, et du pouvoir que j'ai repris sur ma vie.
En 1992 j'avais un petit emploi temporaire de concierge dans une ressource communautaire de Saint-Hyacinthe. Suite a un accident de travail, la CSST a refusé de m'indemniser. J'ai contacté un organisme que je connaissais seulement de nom : Le Collectif de Défense des Droits de la Montérégie. L'aide que j'ai reçu du Collectif m'a aidé à exercer un recours et finalement renverser la décision de la CSST. J'ai gagné ma cause grâce à mon témoignage à la cour avec l'aide de mon avocat et le support du conseiller du Collectif. On peut dire que c'est à ce moment que j'ai vraiment repris du pouvoir sur ma vie.
De fil en aiguille, je me suis rapproché du CDDM et j'ai commencé à siéger sur le conseil d'administration. Puis le travail s'est greffé à cela. J'ai commencé à donner des formations «droits et recours» de façon ponctuelle. C'était très stimulant comme défi même si le conseiller était juste mais exigeant. J'ai passé au travers des contenus en étant formé moi-même et j'ai ensuite renseigné les gens concernés sur leurs droits. Peu de temps après, j'ai travaillé quelques mois à temps plein pour aider d'autres gens à élaborer le colloque « être son propre défenseur ». Ce fût une très belle expérience et un beau succès. J'étais, une fois de plus, fier d'avoir participé à une bonne œuvre. J'ai continué à siéger sur le CA du CDDM en plus de participer à divers comités ( comité d'embauche, négociation du contrat de travail des employés, etc… ) Le CDDM m'aidait grandement à prendre du pouvoir sur ma vie. Je m'impliquais et c'était très valorisant, car mes efforts étaient reconnus.
J'ai été hospitalisé en psychiatrie à quelques reprises durant ces années, mais après ma sortie, je reprenais le collier et je fonçais. Le CDDM a d'ailleurs toujours été «ouvert», me laissant reprendre mes activités à mon rythme.
Le point culminant fût bien sûr lorsque je suis devenu le récipiendaire de la plaque Ronald Lemieux ( premier président du CA du CDDM ), remis au bénévole s'étant le plus démarquer durant l'année 2004.Quelle reconnaissance et tout un honneur pour moi !
Aujourd'hui, je donne des formations de temps en temps pour le Collectif et je siège sur deux CA d'organismes communautaires de ma région grâce à l'expérience acquise au Collectif. Je m'entraîne plusieurs fois par semaine au gym, j'ai un réseau social et je suis beaucoup plus heureux et autonome qu'il y a 15 ans. Avec ma «psy», je diminue ma médication, que je gère de façon de plus en plus autonome.
Le Collectif m'a donné la chance de m'épanouir en m'impliquant.
Si vous voulez vous rendre service tout en rendant service, n'hésitez pas à vous impliquer auprès du Collectif !
Normand Lemieux
COUP DE CHAPEAU

L' avant-Garde ou la maison ensoleillée, ou l'endroit qui nous fait sentir bien…
Déjà en entrant on s'y sent bien, une énergie particulière se dégage des murs, des fenêtres, des gens. L'Avant-Garde, ça bouge !
Cet organisme qui a vu le jour en 1990 œuvre auprès des personnes vivant des problèmes de santé mentale qui désirent améliorer leur autonomie et leur qualité de vie.
Leur premier mandat est l'entraide et croyez-moi, l'entraide à l'Avant-Garde est omniprésente ! Tout le monde met la main à la pâte et tous sont aidants et aidés. L'organisme fait aussi de l'accompagnement et du soutient. Ils ont aussi un volet promotion/vigilance, ce qui précise une collaboration entre nos organismes respectifs.
De plus, nous pouvons retrouver dans les murs de l'Avant-Garde, un centre de documentation bien garni où l'on peut trouver du matériel didactique ( qui a pour but d'instruire, d'enseigner ) traitant de la santé mentale, des droits, des activités et de diverses ressources.
Un bel organisme solide, une équipe dynamique, une direction et des intervenants tout en force et en sourire.
L'Avant-Garde, j'en suis certain, est là pour longtemps encore…
Patrick Melchior
Châteauguay/Valleyfield
« En quête d'une justice…» : Une nouvelle rubrique au bulletin

Nombreuses sont les situations d'injustice que peuvent vivre les personnes dans leur quotidien.
Par exemple, deux personnes cohabitant ensemble et n'étant pas conjoints mais seulement deux personnes souhaitant s'entraider mutuellement, pourraient se faire accuser à tort, de présomption de vie maritale, donc se faire réclamer des montants faramineux par l'aide sociale, sous prétexte qu'ils seraient perçus comme étant un couple et qu'ils auraient fait une fausse déclaration.
En réalité, ces personnes ont chacune leur chambre et leur raison de la cohabitation n'est que pouvoir s'entraider l'une et l'autre, dans leurs limitations physiques et psychologiques.
Un autre exemple à l'effet qu'une mère monoparentale vivant présentement des moments difficiles suite à sa séparation récente et souffrant en conséquence de dépression, déciderait de confiner en placement volontaire temporaire, son enfant en famille d'accueil, le temps de se refaire une santé. Cette mère qui avait pourtant agit de manière responsable, se verra interdire par la DPJ, de récupérer son enfant après ses quelques mois de convalescence, en raison de son diagnostique de santé mentale…
Voici des exemples concrets où, tous les jours, des gens sont victimes d'injustice. Si vous êtes l'une de ces personnes qui vivez actuellement une injustice quelconque et que vous souhaiteriez dénoncer ce que vous vivez, nous vous invitons à le faire par l'entremise de notre bulletin.
Une toute nouvelle rubrique sous l'appellation : « En quête d'une justice…» vient d'être conçue spécialement pour permettre aux gens de dénoncer les situations abusives causées par les lacunes du système.
Il vous est donc possible de nous faire parvenir un résumé de votre situation afin qu'on puisse le diffuser dans les prochains numéro ou encore, vous pouvez nous joindre afin que l'on puisse rédiger l'article avec vous. Toutefois, nous précisons que nous vous demandons de garder les lieux et les personnes dans l'anonymat. De plus, nous n'accepterons pas de propos vulgaires, frivoles et vexatoires. Finalement, la confidentialité de votre identité sera respectée.
L'invitation est lancée, maintenant c'est à votre tour de dénoncer !
Vous pouvez faire parvenir votre texte à:
Normand Lemieux
1195 St-Antoine local 305
St-Hyacinthe QC J2S 3K6
normlemie-59@hotmail.com
Droits et Recours
Mandat d'inaptitude
Vous savez que tout peut arriver dans une vie et malheureusement suite à un accident ou une maladie, on peut devenir inapte à s'occuper de sa personne ou à administrer ses biens. Voici donc quelques informations pertinentes sur le sujet.
S'il n'y a aucun arrangement de pris avant notre inaptitude (incapacité à prendre des décisions éclairées), un proche (père, mère, fils, fille, frère, sœur, ou même un oncle ou une tante si un conseil de famille est d'accord) pourrait se proposer pour agir en notre nom. Si la personne est isolée ou sans famille, il y a la tutelle ou la curatelle publique.
Heureusement, on peut prévoir à l'avance qui s'occupera de nos biens et/ou de notre personne avec un mandat en cas d'inaptitude. C'est ainsi que l'on peut «coucher» sur un document nos volontés pendant que nous sommes encore apte à le faire, pour désigner une personne et les actes que celle-ci pourra poser en notre nom quand surviendra notre inaptitude (si tel est le cas).
Le mandat que l'on concède à la personne (le mandataire) désignée doit être précis. Il donnera des indications quand à la gestion de nos biens et il peut aussi régir des thèmes comme, par exemple, l'acharnement thérapeutique.
L'important c'est de choisir, avant de devenir inapte, une personne qui agira en notre nom. Il est très important de choisir une personne en qui l'on a confiance et que l'on aime, et de lui en parler avant puisque la personne pourrait refuser de devenir mandataire.
Quand l'inaptitude survient, le mandataire doit se présenter à la cour pour faire homologuer le mandat. Il pourra ensuite administrer nos biens et voir à ce que nos volontés soient respectées.
Le mandataire devra dans le cadre de son travail de mandataire faire des rapports ponctuels au curateur public puisque celui-ci a le mandat de s'assurer que les mandataires agissent dans le meilleur intérêt de la personne devenue inapte.
Le mandat en cas d'inaptitude peut être fait avec l'aide d'un notaire et il y a bien entendu des frais de rattachés à ce service. Il peut aussi être fait sans l'aide d'un notaire, devant deux témoins, donc aucun frais inhérent.
Veuillez noter que l'aide-juridique ne paie pas pour faire faire un mandat en cas d'inaptitude, et que l'homologation comporte des frais juridiques.
Si vous avez des questions en lien avec cet article, vous pouvez vous renseigner d'avantage sur la question à un ou une conseiller/conseillère du Collectif afin d'obtenir des informations encore plus précises.
Normand Lemieux
Saviez-vous que…
Selon la nouvelle loi 120, vous avez le droit d'être accompagné(e) dans toutes vos démarches quand vous consultez un professionnel de la santé.
Le lithium est un sel métallique… Attention à vos reins et votre foie!
La structure moléculaire du Ritalin ressemble étrangement à celle de la cocaïne.
On ne parle plus de cure fermée mais plutôt de garde en établissement.
Jean Rozon
Un colloque intéressant s'en vient…
« Les psychotropes, une réponse à la souffrance ? Limites et enjeux pour le renouvellement des pratiques en santé mentale.»
L e forum international sur la gestion autonome de la médication, devant avoir lieu le 24 et 25 octobre 2006, a été reporté le 3,4 et 5 avril 2007 dû à un problème d'entente de locaux avec l'Université du Québec à Montréal. Il se tiendra plutôt au Holiday Inn Montréal, 420 Sherbrooke Ouest. L'objectif principal du forum est d'élargir à l'ensemble des acteurs et actrices en santé mentale l'espace de réflexion sur le développement des pratiques entourant la gestion autonome de la médication. Le Collectif a obtenu un budget pour envoyer 15 personnes ayant des difficultés en santé mentale. Vous pouvez contacter un conseiller pour manifester votre intérêt. Pour plus d'information sur le colloque, vous pouvez consulter le site du RRASMQ : www.rrasmq.com.
Hugo Lévesque
Joyeux Noël et Bonne année à tous et à toutes!
Notes de cours personnelles en Psychopathologie
Ian-Kristian Ladouceur est avocat depuis 1998 et en pratique privée chez Plamondon Ladouceur, avocats. Une partie de sa pratique est concentrée sur la représentation devant les tribunaux des personnes souffrant d'un problème de santé mentale.
Voir l'article 16 de la L.p.p. sur la responsabilité de l'établissement.
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