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Ça bouge au Collectif!
Juin 2007

Mot du président du Collectif de défense des droits de la Montérégie 

Par Normand Lemieux 

Bonjour chers membres, Après un hiver froid et glacial, sans toutefois beaucoup de neige, nous sommes enfin  arrivés aux portes de l'été.  La déprime qui peut nous toucher à la fin de l'hiver est loin derrière. Qui dit début de l'été, dit assemblée générale du Collectif.  Tous les membres sont invités à assister à cette réunion, le vendredi 15 juin dès 9h30.  J'espère très sincèrement  que vous viendrez en grand nombre. Cette réunion s'adresse aux membres de toute la Montérégie, même si elle se tient à Longueuil.  Si vous êtes intéressés à assister à cette assemblée, communiquez avec le/la conseiller/ère  en défense des droits de votre sous-région,  question de bien répartir les covoiturages. En quoi consiste l'assemblée générale?  Il y a le rapport d'activités, les états financiers et la planification 2007-2008. Le point culminant est l'élection des administrateurs. Chaque membre peut se présenter, proposer quelqu'un et voter. De plus, l'assemblée générale est une occasion de rencontrer les membres du c.a., ainsi que les conseillers et les membres des autres régions que la vôtre. Le CDDM encourage la participation des membres aux différents comités du Collectif.  Nous sommes heureux et choyés de vous avoir comme membres réguliers ou sympathisants ; vous êtes des personnes vraiment importantes pour nous.

Avec le début de l'été, il n'y a pas seulement l'assemblée générale.  C'est le temps où les employés prennent leurs vacances annuelles.  Donc, ne soyez pas surpris si  en juillet ou août le temps d'attente peut augmenter, mais n'ayez crainte, une personne va vous
rappeler.

Bonnes vacances, prenez du soleil et portez-vous bien. Au plaisir de vous rencontrer à l'assemblée générale.

Responsabilité des opinions émises dans le journal du CDDM.

Les opinions tenues dans cette publication appartiennent aux auteurs des textes et ne doivent pas être de nature raciste, sexiste, offensante, diffamatoire ou haineuse envers une personne ou un groupe de personnes en particulier. Les opinions qui y sont exprimées ne sont pas nécessairement celles du Collectif, qui pourrait, le cas échéant, s'en dissocier totalement ou en partie.


Une administratrice nous a quitté

Dans la vie, plusieurs épreuves difficiles se succèdent sans que l'on puisse intervenir. Hélas, certaines souffrances qui nous affligent sont absolument indiscutables. Devant ce malheur nous vivons tous un sentiment d'impuissance et d'incompréhension. Ainsi, nous avons le regret de vous annoncer le décès de Mme Lise Tremblay, survenu en mars dernier. Le Collectif (CDDM) et ses membres tiennent à souhaiter à la famille et aux proches leurs plus sincères condoléances. Mme Tremblay siégeait au sein du Conseil d'administration depuis juin 2006. Bénévole au Collectif, elle s'impliquait généreusement sans compter son temps. Certes, nous l'apprécions pour son travail, mais nous l'aimions autant pour ses innombrables qualités. Lise était une femme de cœur, chaleureuse et apaisante, et son sourire se faisait doux et rassurant. Un dévouement sans borne lui valait tous les honneurs. Une oreille attentive pour certains, et une conseillère pour d'autres. Lise, merci pour tout ce que tu nous as apporté. Tu nous manqueras  ! Que Dieu ait ton âme, repose en paix.

 


L'appropriation du pouvoir
 

Par Hugo Lévesque

Mais qu'est-ce que l'appropriation du pouvoir ? À quoi cela rime au Collectif de défense des droits de la Montérégie ? Je tenterai de répondre à ces deux questions de la façon la plus simple, ce qui représente tout un défi avec un tel concept. L'appropriation du pouvoir, mieux connu sous le nom anglais «empowerment», peut se définir comme étant : « (…) une orientation axée sur l'accroissement des forces existantes des individus et des communautés (…) et sur l'idée que le pouvoir ne constitue pas une denrée rare. »(Ninacs, 2003 ; p.22) . Que ce soit au niveau individuel ou collectif, le pouvoir correspond à être capable de choisir librement, d'agir en fonction de ce choix et d'en assumer les conséquences. Pour qu'une personne ou un groupe de personnes s'approprient du pouvoir, il faut qu'il y ait eu perte. Le terme appropriation du pouvoir serait donc plus juste. Par exemple, lorsqu'une personne est mise sous contention dans un département de psychiatrie, c'est une perte de pouvoir qu'elle subit et cela peut avoir des conséquences émotives pour elle. Être dans la pauvreté et l'exclusion, c'est aussi une façon de perdre du pouvoir parce que l'on est dans une position vulnérable où les intempéries de la vie peuvent avoir des conséquences plus graves. Pour retrouver son pouvoir individuel, il existe quatre domaines de la personne que l'on peut développer : la participation, les compétences, l'estime de soi et la conscience critique (Ninacs, 2003). Que ce soit à travers la participation aux comités, dans le cadre de l'aide et accompagnement ou par les formations offertes par le Collectif, les travailleurs du Collectif visent à offrir des possibilités de retrouver ou d'accroître le pouvoir des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Cela signifie, dans le cas de l'aide et accompagnement, que le conseiller ne fera pas à la place de la personne, mais s'offrira plutôt comme un guide. C'est pourquoi la personne doit participer de façon volontaire et ce qui doit la motiver, c'est le sentiment d'injustice et/ou le désir de défendre ses droits. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter « Paroles et parcours d'un pouvoir fou » qui est un guide pour une réflexion et un dialogue sur l'appropriation du pouvoir individuel et collectif des personnes utilisatrices de services en santé mentale. Cet ouvrage est disponible au CDDM.


Du bon et du mauvais
 

Par René-André Archambault

En septembre 2006, j'ai été hospitalisé en psychiatrie à l'hôpital Charles-Lemoyne. Ce fut pour moi un des moments marquants de ma vie. J'ai constaté que le personnel faisait des pieds et des mains pour nous donner les soins que notre état nécessitait. Ce n'était pas ma première hospitalisation, mais cette fois-ci j'étais encore dans la réalité malgré que j'étais dans un « grand high ». S'il y a des lacunes dans les services hospitaliers psychiatriques ce n'est pas à cause du personnel. C'est très difficile de donner les soins appropriés qui conviennent à chacun, mais il y a une volonté de bien faire. Même s'ils sont payés pour faire ce qu'ils font, ils y mettent tous leurs cœurs et ça paraît qu'ils aiment leur travail. Il faut être doté d'une grande compassion et d'un amour véritable pour travailler avec nous autres, car lorsque l'on tombe en crise, il y a un danger potentiel et sérieux. Je peux vous en témoigner. Les seules choses que je déplore c'est lorsque l'on se présente à l'hôpital à l'urgence. Pour moi, c'est un non-sens et un danger pour les autres et nous même que l'on nous fasse attendre sur une chaise parfois des heures alors que notre état est parfois critique et même dangereux pour notre santé et notre intégrité car, à ce moment là, les minutes et même les secondes comptent. D'après l'avis de certains intervenants et de gens impliqués dans le milieu, il serait important que dès qu'une personne se présente à l'hôpital, qu'elle soit immédiatement prise en charge et orientée vers des soins qui diminueraient la durée de l'hospitalisation. Je pourrais en parler longuement, mais si j'en viens aux coûts que l'on sauverait en les accueillant immédiatement, cela pourrait représenter selon moi des nombres à 7 chiffres, c'est-à-dire des millions de dollars par année.


Le rôle essentiel des médias communautaires

par Karine Tremblay

Liberté de presse et démocratie vont de pair ; l'une n'existe pas sans l'autre. Toutes deux imparfaites, elles demeurent des idéaux à atteindre. De nombreux médias communautaires poursuivent cette quête sans relâche, malgré les embûches. L'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières publie chaque année un palmarès. Avec des critères tels que l'existence d'une presse libre, l'accès à Internet et l'emprisonnement de journalistes, l'ONG calcule une note. Plus cette note est élevée, plus la liberté de presse est menacée. La Corée du Nord arrive en première place. Son régime autoritaire ne tolère aucune opposition, l'information y est contrôlée et les Nord-Coréens ne connaissent pas l'Internet. Le Canada se place au 151 e rang. Heureusement. Pourtant, même ici, la liberté de presse connaît ses limites. Certains médias de masse ont une ligne éditoriale bien nette et qui en déroge en paie le prix. Même les chaînes publiques ne sont pas au-dessus de tout soupçon. De plus, à cette époque du vite consommé, le sensationnalisme dame souvent le pion au reportage de fond. Les médias communautaires, quant à eux, se démarquent de la pensée unique. Ils cultivent la liberté de parole avec des moyens toutefois modestes. Leur richesse n'est pas matérielle, mais humaine : des bénévoles et des employés débrouillards et dévoués. Ils offrent une source d'information indépendante et un contenu original, laissent place à la relève et servent la communauté. Ils jouent parfois même un rôle vital, comme pour ces milliers de Francophones hors Québec. Bref, les médias communautaires sont une voix essentielle, vers qui tendre l'oreille, surtout à l'heure de la convergence. Depuis plusieurs années, le journal du Collectif de défense des droits de la Montérégie est là pour vous, en vous informant, en toute liberté, pour le bien de la démocratie. Bravo!


Saviez-vous que…
 

Par André Martel

J'ai lu sur le site de la commission des citoyens des droits de l'Homme que toutes les 75 secondes, une personne est internée en psychiatrie à travers le monde! De plus, 10 000 personnes dans le monde meurent à chaque année suite à des électrochocs !!! Site internet : http://www.unhchr.ch/french /html/menu2/2/chr_fr.htm


La chronique de René-André
 

Par René-André Archambault

Savez-vous que dans la vie nous avons des droits, mais nous avons aussi des devoirs ? Nous avons le droit et le devoir de voter. Nous sommes responsables de nos actes et il est suggéré d'avoir des règles morales, sociales, communautaires, familiales et envers nous-mêmes. Pour en nommer que quelques-unes : ne pas médire et calomnier, la politesse, la propreté dans notre habillement et notre hygiène ainsi que l'environnement, car la terre n'est pas une poubelle. Lorsqu'une personne tombe malade, se blesse ou a besoin d'assistance, la règle nous demande de lui apporter de l'aide. Nous avons aussi des devoirs moraux et juridiques, comme de dire la vérité et de se recréer. C'est ce prix qu'il faut payer pour être un citoyen de la terre et être libre.

La sectorisation : abolie, mais toujours présente…  

Par Jean Rozon

Le plan d'action en santé mentale 2005-2010 stipule que : « (…) dans tous les cas, la Loi sur la santé et les services sociaux a préséance sur les modalités d'organisation territoriale et elle permet aux personnes de choisir leurs fournisseurs de services.» La sectorisation est donc illégale et discriminatoire puisqu'elle prive la personne de sa liberté de choisir la façon qu'elle sera soignée et d'avoir une contre-expertise psychiatrique. La sectorisation est maintenant remplacée par un réseau de services intégrés au niveau des CSSS. Un réseau de services intégrés est composé de centres locaux de services communautaires (CLSC), de centres hospitaliers de soins longues durées (CHSLD) et de centres hospitaliers (CH) qui desservent un grand territoire et qui sont reliés ensemble.

Rappel historique

Depuis la fin des années 70, les services de psychiatrie de courte durée offerts aux adultes étaient sectorisés afin d'assurer l'accès à un hôpital. Ce mouvement était étroitement associé à celui la désinstitutionalisation des patients depuis les années 60. Cette pratique eut pour conséquences de limiter l'accès à l'hôpital de leur choix et les faits démontrent que la sectorisation des services de santé mentale constitue de la discrimination à l'égard de la clientèle usagère. En 2002, le Parti Libéral du Québec dans son programme électoral admettait les problèmes générés par la politique de sectorisation et promettait sa réévaluation.


Recours collectif 3

Une requête, pilotée par Me Jean-Pierre Ménard, a été déposée à la Cour Supérieur du district de Montréal afin de pouvoir exercer un recours collectif qui pourrait se composer de plus de 25 000 personnes. Cette poursuite, qui pourrait s'élever à 20 M$, consiste à réunir les gens ayant un problème de santé mentale qui voulaient consulter un psychiatre pour des soins non urgents et ont été refusés à l'établissement de leur choix. De nos jours, cette pratique existe encore malgré qu'elle soit interdite.
_________________________
3 Action Autonomie (2007) Recours collectif de 20 millions pour faire cesser les pratiques discriminatoires en santé mentale. www.actionautonomie.qc.ca/recourscollectif1.htm


Enquête sur la sectorisation
 

Par Patrick Caron

Comme vous le savez maintenant, la sectorisation est une pratique qui entre en contradiction avec le plan d'action en santé mentale. Malgré tout, les pratiques restent les mêmes, comme le révèle notre petite enquête. En effet, les situations rencontrées dans notre pratique et un sondage effectué auprès des hôpitaux de la région nous a révélé les résultats suivants : Charles-Lemoyne (Greenfield Park), Pierre-Boucher (Longueuil), Honoré-Mercier (Saint-Hyacinthe), Anna-Laberge (Châteaguay) et le CSSS du Suroît (Valleyfield) appliquent la sectorisation. Haut-Richelieu (Saint-Jean sur Richelieu), Hôtel Dieu (Sorel) et le Centre Hospitalier de Granby n'appliquent plus la sectorisation. Le dossier de la sectorisation n'est donc pas encore terminé en Montérégie. Si vous êtes victimes de la sectorisation, n'attendez plus et faite appel au Collectif qui vous conseillera et vous accompagnera dans vos démarches pour faire valoir vos droits. Nos coordonnées se trouvent à la fin du journal.


Le Centre Hospitalier Régional du Suroît en nomination au prix citron de l'AGIDD-SMQ

Par Le comité isolement/contention

 Au cours des dernières années, une quantité importante de plaintes ont été manifestées à l'endroit du CHRS, particulièrement en ce qui a trait à l'application abusive des mesures de contrôle, du non-respect au consentement aux soins, et quant à la non-conformité dans l'application des procédures de garde en établissement. Le Protecteur du Citoyen a d'ailleurs reconnu auprès de plaignants qu'il y avait évidence d'abus et de non-respect des droits à l'endroit des personnes hospitalisées et souffrant d'une problématique en santé mentale. Ces abus perdurent depuis trop longtemps au Centre Hospitalier Régional du Suroît. C'est la raison qui nous amène à penser que cet établissement se mérite les honneurs (ou déshonneurs!) du prix citron 2007 de l'AGIDD-SMQ. Mentionnons que le Collectif de défense des droits de la Montérégie est heureux de constater que le travail effectué dans ce dossier depuis plusieurs années aura apporté les résultats escomptés auprès de cette clientèle vulnérable. Malgré tout, il reste des personnes ayant subit ces abus qui n'ont pas obtenu justice. En conséquence, le CDDM est présentement à la recherche de gens ayant été victime de ces préjudices aux départements de psychiatrie du Centre Hospitalier Régional du Suroît à Valleyfield afin de les appuyer dans cette démarche. -Vous avez été hospitalisé au cours des 3 dernières années, avez été victime d'abus et avez été lésé dans vos droits ? -Vous avez subi l'application des mesures de contrôle (isolement, contentions chimiques et physiques) ? -Vos droits ont été bafoués à l'égard du non-respect au consentement aux soins et quant aux procédures d'application de la garde en établissement ?

Appelez-nous au Collectif de défense des droits de la Montérégie au 1-800-567-8080 et Mme Stéphanie Gendron se fera un plaisir de répondre à vos questions. Des recours s'offrent à vous gratuitement, aidez-nous à vous aider. Le respect et la confidentialité sont de mise, rassurez-vous.

 

Les psychotropes, une réponse à la souffrance?

Par Mylène Rodier

C'est avec curiosité et un désir d'en savoir davantage sur la question que j'ai assisté au Forum international sur les pratiques de gestion autonome des médicaments de l'âme les 3, 4 et 5 avril derniers au Holiday In à Montréal. Celui-ci a été organisé conjointement par le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec, l'Équipe de recherche et action en santé mentale et culture et l'Association des groupes d'intervention en défense de droits en santé mentale du Québec. Il avait comme objectif de créer un lieu d'échange où les gens (personnes vivants ou ayant vécus un problème de santé mentale, intervenants de divers milieux, professionnels de la santé et chercheurs) pouvaient réfléchir sur la place de la médication dans la vie des personnes, dans les pratiques en santé mentale ainsi que dans la société en général. Il se voulait également un lieu où les divers intervenants dispensant des services pouvaient porter une réflexion sur leurs pratiques d'accompagnement et de soutien afin de mieux répondre aux besoins de la communauté.

Ce que j'ai constaté au cours du Forum, c'est la grande place qu'occupe la médication au sein des pratiques en santé mentale. Elle est souvent présentée comme première et principale réponse aux gens qui consultent les services en santé mentale. Plusieurs usagers, en effet, ont déploré le fait qu'il y ait peu de place pour des démarches thérapeutiques alternatives à la médication. Certains ont affirmé qu'ils avaient subi des effets secondaires très pénibles suite à la prise de médicaments. Plusieurs ont eu une médication tellement lourde qu'elle faisait obstacle à leur cheminement personnel. D'autres ont affirmé que bien souvent l'information concernant leur médication était insuffisante et qu'il y avait peu de place au dialogue avec leur médecin concernant celle-ci. Cependant, selon certains usagers, la médication peut être un outil pouvant améliorer la qualité de vie des gens, mais à certaines conditions. Selon eux, elle peut être utile dans le cas où elle permet de réduire ou de supprimer certains symptômes et qu'elle redonne à la personne une certaine stabilité. Entre autre, dans une situation de crise, elle peut donner à une personne des effets précis et à court terme dont elle a besoin. D'après ces gens, pour que la médication soit plus efficace à long terme, elle doit être jumelée avec un suivi où la personne pourra faire un travail sur elle-même. Les gens réclament des solutions alternatives ou conjointes à la médication, car les problèmes de santé mentale affectent plusieurs aspects de la vie d'une personne (rapport à soi, avec les autres, travail..). Les problèmes de santé mentale ne se limitent pas simplement aux symptômes de la maladie et requièrent donc des services permettant aux gens de faire un cheminement personnel. Au cours du Forum, la GAM (gestion autonome de la médication) s'est révélée comme étant un outil qui selon plusieurs devrait être appliquée par les divers intervenants du milieu de la santé. Le but de la GAM est d'amener la personne à se rapprocher d'une médication qui lui convient. Elle permet à la personne d'apprendre et de comprendre sa médication et les effets qu'elle génère dans toutes les dimensions de sa vie. Elle amène la personne à se questionner sur ses besoins et désirs face à la médication. Elle vise l'appropriation du pouvoir, car elle outille la personne afin que celle-ci fasse des choix éclairés. Pour conclure, je dirais que le Forum a amené les gens à réfléchir sur la situation actuelle des gens vivants des problèmes de santé mentale et a apporté quelques pistes de solutions pour améliorer les services offerts à ces personnes. En espérant que ces suggestions soient suivies d'actions et qu'elles ne restent pas que de simples bonnes paroles!


Bienvenue à un nouveau travailleur

C'est avec joie  

Par Patrick Caron

 Bonjour à tous et à toutes, comme le disait si bien mon prédécesseur : il n'est pas facile de se présenter. Tout de même, je tenterai de faire de mon mieux  J . Ma soif de faire partie du monde merveilleux et intègre du communautaire commença en 1999. J'avais envie d'aider les gens, mais ne pouvais et n'avais aucun moyen pour ce faire. Enfin à part aider les dames à traverser la rue, mais je voulais faire plus. Tout jeune j'aimais tellement les super-héros, je voulais grandir en étant l'un d'eux et faire le bien autour de moi. Mais en grandissant la réalité me ramena sur terre, je voyais bien que je ne pourrais jamais en être un. Faire le bien, cela était une réalité à laquelle je pouvais m'accrocher. Du coup je décidai de faire du bénévolat dans une maison des jeunes pendant un an. Cette expérience me donna encore plus l'envie d'aider, je me devais de faire partie de ce monde. Par la suite, mon aventure communautaire s'entama de plus belle. Des cours de théâtre donnés à des gens qui avait des déficiences intellectuelles et physiques, faire partie de la création d'une ligue inter-maison des jeunes en Montérégie. Ces cours leurs permettaient dénoncer les préjugés véhiculés facilement dans ce monde dans lequel nous vivons. 6 ans passèrent et mon aventure en maison des jeunes se termina, mais ma soif d'aider resta. Étant rendu avec une petite famille, je me devais de ramener une sécurité financière à la maison. J'allai dans un domaine qui me plaisait plus ou moins, mais je restai tout de même dans le public. Puis, j'entendus dire qu'un poste s'était ouvert au sein du Collectif. Je m'empressai d'envoyer mon curriculum vitae, voilà la chance que j'attendais. C'était ma chance de vraiment aider au niveau que je le souhaitais. Cela fait maintenant deux mois que je suis au Collectif, j'ai vu et entendu des choses qui m'ont choqué et déçu de la part de personnes se disant professionnelles. Des gens croyant avoir un pouvoir absolu sur certaines personnes qui n'ont peut-être pas la chance, la force ou l'expertise de faire valoir leurs droits. Le collectif attend ces gens de pied ferme et dieu merci je fais maintenant parti de cette équipe qui n'a aucunement peur de foncer. Je me nomme Patrick Caron nouveau conseiller de Châteauguay/Valleyfield et je suis plus déterminé que jamais de vous aider à faire valoir vos doits. Au plaisir de tous vous connaître!


« En quête d'une justice…»

Examens médicaux pré-embauche  

Par Josée Blais

Au mois de juillet 2006, j'ai subi un préjudice dans une procédure d'embauche. Pour ma part, je suis convaincue que mon futur employeur a décidé de retirer son offre d'embauche, après avoir consulté le questionnaire médical auquel j'ai répondu lors de l'examen médical pré-embauche. J'ai déposé une plainte auprès de la commission des droits de la personne qui en a pris connaissance et l'a jugé recevable. N'ayant pas l'habitude de ce genre de procédure, j'ai demandé l'aide d'Action Autonomie, un groupe de défense des droits en santé mentale. Je ressens une grande satisfaction d'avoir choisi de faire cette démarche. J'avais beaucoup hésité parce que je ne voulais pas perdre mon temps dans une lutte inutile où j'aurais le fardeau de la preuve. J'ai donc décidé de le faire, mais en acceptant à l'avance qu'il n'y aurait pas d'aveu de l'autre partie et de tout simplement laisser parler les faits. J'ai obtenu un certain dédommagement pour le préjudice que j'ai subi, mais il n'y a pas eu d'enquête. J'ai la certitude que mon arrêt de travail pour un «burn out» ou «trouble anxieux d'adaptation» au début de l'année 2006 (dont il a été question lors de l'examen médicale) a été déterminant pour mon futur employeur dans sa décision. Toute cette procédure a soulevé chez moi beaucoup de questions. D'un côté, mon assurance collective a refusé de ré-étaler mon retour au travail sur une plus longue période parce qu'il me jugeait apte au travail et ceci contre l'avis de mon médecin. De l'autre côté, un employeur me refuse un emploi parce que j'ai fait un burn out. J'étais d'accord avec l'assurance dans le fait que j'étais apte au travail, mais pas nécessairement là où je me suis «brûlée». Ce phénomène ressemble beaucoup aux phobies. À mon avis, le système nerveux est extrêmement efficace, il ne nous laisse pas retourner facilement à une activité ou endroit qui nous a mis en difficulté. On peut avoir peur des chats sans avoir peur de tous les animaux. Et mon futur employeur, qui était d'ailleurs dans le domaine de la santé, à mon avis, n'a pas été en mesure de comprendre cette nuance. Étant moi-même formée en relation d'aide et pour avoir aussi connu des problèmes de santé mentale, je réalise que le plus grand handicap lié à ce phénomène réside dans le préjugé auquel on a à faire face. Les préjugés entraînent des décisions guidées par la peur et non la réalité. Je n'avais jamais eu à passer un examen médical pour un emploi. J'ai posé beaucoup de questions à mon entourage et les gens me disaient de ne pas parler de mon arrêt de travail récent ou de la dépression que j'ai faite il y a 10 ans. Même si je considère ces évènements comme étant les plus enrichissants de ma vie, mon opinion n'a pas vraiment d'impact sur les préjugés des autres et c'est ainsi. Je suis un modèle de réussite pour mon entourage, mais c'est bien parce qu'il me connaissent. Le seul fait qu'on m'ait déconseillé de parler de mes antécédents médicaux en santé mentale, montre bien à quel point le préjugé est présent. J'avais et j'ai encore beaucoup d'admiration pour cette institution pour laquelle je désirais travailler. Mais comme dans toute entreprise, même les meilleurs et les renommées, ce sont des êtres humains qui prennent des décisions qui ne sont pas nécessairement exempts de préjugés. J'ai réalisé dans cette démarche que la seule façon concrète de faire un peu entendre ma voix résidait justement dans la défense de mes droits. Lorsque je me suis présentée à la clinique médicale et qu'on m'a donné le questionnaire à remplir sur mes antécédents médicaux, j'étais convaincue que je n'avais pas le choix, que je devais répondre à toutes les questions. On ne me l'a pas présenté non plus comme étant facultatif. J'étais prise entre mon désir de collaborer et l'ampleur du questionnaire. Cette démarche m'a permis de prendre connaissance de la loi concernant les examens médicaux pré-embauche, et de voir l'absurdité d'un questionnaire ou tous les antécédents sont demandés, de l'eczéma, aux foulures, à la psychose. On peut douter de l'intention de l'employeur lorsque celui-ci refuse de nous donner les informations liées au début de l'emploi avant l'examen médical. Je me rends compte aujourd'hui que j'aurais vraiment voulu que quelqu'un voit ce questionnaire en considérant que c'était pour un poste de commis intermédiaire pour une durée de 5 semaines + 1 semaine de formation!! Pour ceux qui désireraient en savoir plus, j'invite les gens à s'informer auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Ils ont un document intitulé «les examens médicaux en emploi» Cat.2.115.9.5. Je remercie Action Autonomie pour leur soutien et leur avis pertinent à tous les moments ou j'en ai eu besoin.


Semaine de la santé mentale du grand Longueuil 2007
S'informer…c'est mieux que de juger

Par Hugo Lévesque

Du 7 au 11 mai 2007 avait lieu la 5 ème édition de la Semaine de la santé mentale du grand Longueuil où plus de 13 organismes communautaires et institutionnels collaboraient à sa mise en place. Ses objectifs étaient de démystifier les problèmes de santé mentale, de p romouvoir le bien-être des personnes vivant des problèmes de santé mentale, de créer des liens entre les individus et entre les organisations, d'offrir un lieu d'expression pour les usagers et les intervenants oeuvrant dans le domaine de la santé mentale et finalement, d' offrir un lieu de réflexion pour tous. Dans son ensemble, la participation aux différentes activités a augmenté de façon significative par rapport à l'an dernier. Par exemple, la soirée spectacle Émergence, où se produisaient des artistes ayant un problème de santé mentale, a attiré plus de 250 spectateurs. Aussi, la couverture médiatique a été élargie, ce qui a permis de faire la promotion de la santé mentale et aussi d'informer la population sur les préjugés qui sont entretenus à l'égard des personnes ayant un problème de santé mentale. Plus particulièrement dans cette semaine, le Collectif de défense des droits de la Montérégie organisait un débat-conférence sur la dangerosité en santé mentale. Plus de 35 personnes étaient venus assister à la conférence et il était possible pour eux d'émettre leur point de vu tout au long de l'activité. Malheureusement, il manquait à ce débat un psychiatre. Nous tenons à remercier nos conférenciers et animateur fort intéressant, soit Claudelle Cyr, Claudine Laurin, Renée Pelletier et André Leduc. À noter que dans le prochain numéro, nous aurons un article qui portera sur le contenu du débat-conférence qui s'est produit à Saint-Hyacinthe.


COUP DE CHAPEAU

Le comité journal tient à remercier chaleureusement la ville de Longueuil pour l'impression gratuite de ce journal. Elle contribue ainsi au rayonnement de la défense des droits en santé mentale. Merci milles fois!

Le comité journal

André Archambault
Irène Champoux
Stéphane Del Santo
Normand Lemieux
Hugo Lévesque
André Martel
Nancy Melanson
Mylène Rodier
Jean Rozon
Et Nicole

Collaborateurs

Karine Tremblay

L'amour a ses raisons que la raison ignore

Autoportrait de René-André Archambault

Ninacs, W. (2003). L'empowerment et l'intervention sociale. Centre de documentation sur l'éducation des adultes et la condition féminine. www.cbai.be/formation/docs%20en%20stock/ninacs.pdf.

Batigne, Stéphane. Les (autres) meilleurs pays du monde, Éditions Québec Amérique, 2005, p.106-107.

Plan d'action en santé mentale 2005-2010 : La force des liens, MSSS, 2005, p.25

Article tiré de «La renaissance», journal du groupe de défense des droits de Montréal Action Autonomie (vol.14, n.1, avril 2007).

 

 

 

 

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