Femmes, droits et santé mentale
La victimisation secondaire
causée par les pratiques psychiatriques
État de la situation
et
Mesures préventives
Collectif de défense des droits de la Montérégie
Juin 2003
Introduction
Le but de ce texte est de
permettre une meilleure compréhension et sensibilisation face
à la problématique de la victimisation secondaire causée par
les pratiques psychiatriques, notamment en ce qui concerne les
mesures de contrôle pratiquées envers les femmes psychiatrisées
tels l’isolement, la contention et l’administration de substances
chimiques.
Dans un premier temps, nous
verrons quelques définitions nous permettant de mieux comprendre
ce texte. Dans un deuxième temps, nous observerons l’état
de la situation des femmes sur le plan de la violence et de
la santé mentale. Dans un troisième temps, nous comprendrons
ensemble le lien qui unit la situation des femmes et le phénomène
de la victimisation secondaire causée par les pratiques psychiatriques.
Nous discuterons de la transformation des services en santé
mentale au Québec et enfin nous énumérerons quelques pistes
d’actions déjà entreprises et celles qui sont à venir afin de
contrer ce problème.
Quelques définitions
Avant d’exposer la situation,
voici quelques définitions qui vous permettront de mieux saisir
les différents termes utilisés dans ce texte.
Victimisation provient du terme victimologie, qui
est la branche de la criminologie qui étudie le statut psychosocial
des victimes de crimes et de délits.1 De plus,
victimisation contient le mot «victime» qui désigne toute personne
(ou groupe de personnes) qui subit l’hostilité de quelqu’un
ou l’impact d’un événement.
Ainsi, une victime peut être une personne qui est blessée
ou qui décède suite à un accident, qui subit une agression ou
qui vit certains événements comme une guerre 2.
Enfin, un traumatisme,
c’est un ensemble de perturbations résultant d’un violent choc
émotionnel. 3
L’isolement est une mesure de contrôle qui consiste à confiner une personne
dans un lieu, pour un temps déterminé, d’où elle ne peut sortir
librement.
La contention est une mesure de contrôle qui consiste à empêcher ou à limiter
la liberté de mouvement d’une personne en utilisant la force
humaine, un moyen mécanique ou en la privant d’un moyen qu’elle
utilise pour pallier un handicap. Il existe également la contention
par des substances chimiques : on limite la capacité d'action
d’une personne en lui administrant un médicament.
La victimisation secondaire
La victimisation secondaire
est le fait de revivre son traumatisme par un nouvel événement
relié ou non au traumatisme initial. Par exemple, si un jour
une femme ayant été victime d’un traumatisme (un viol, par exemple)
est admise en psychiatrie pour un répit ou une aide médicale
et que le personnel applique sur elle une mesure de contrôle
comme l’isolement ou la contention, elle peut revivre son traumatisme
étant donné qu'elle se voit soumise à nouveau à une force contre
laquelle elle est sans défense. Ces mesures de contrôle lui
font alors revivre son agression.
En principe, le personnel
est amené à utiliser l'isolement et la contention si la personne
représente un danger pour elle-même ou pour autrui. Il doit
s’agir ici d’une mesure dite exceptionnelle, tel que stipulé
dans l’article 118.1 de la loi de la santé et des services sociaux.
La réalité, c'est que les règles du droit ne sont pas
toujours respectées.
Encore trop de femmes victimes de violence!
La violence perpétrée envers les femmes est encore
trop grande et trop présente.
En effet, les femmes sont encore victimes de violence
physique, psychologique et sexuelle, soit durant leur enfance
ou à l’âge adulte. La violence est l’une des principales causes
de blessures chez les femmes, allant des coupures et des ecchymoses
aux handicaps permanents, voire à la mort. Au Canada, 43% des femmes blessées par leur
partenaire ont dû recevoir des soins médicaux, et 50% des blessées
ont dû s’absenter du travail. 4 Il est à noter que c'est la violence sexuelle
qui occasionne le plus de ravages psychologiques chez les femmes.
La violence sexuelle est à l’origine de plusieurs
problèmes graves de santé mentale. Une étude effectuée à Toronto
auprès de femmes suivies en psychiatrie dans cinq hôpitaux différents
révèle que ces dernières ont connu davantage de violence que
la population en général. Au cours de leur enfance, 37% d’entre
elles ont été victimes d’agressions à caractère sexuel et les
probabilités qu'elles aient été victimes d’inceste sont deux
fois plus élevées que les personnes non suivies. De plus, 38% des femmes de cet échantillon ont
été victimes d'agressions à caractère sexuel à l’âge adulte.
5
L’impact immédiat de la violence se traduit par
la peur, la terreur, l’insomnie, l’hébétude, le silence, la
honte et la culpabilité. En ce qui concerne les impacts à long
terme, il y a par exemple, la dépression, les idées suicidaires,
les tentatives de suicide, la faible estime de soi, des altérations
qui peuvent être importantes en ce qui a trait aux habitudes
de consommation, de loisir, de travail. Peuvent aussi apparaître
des troubles sexuels, des troubles du sommeil et de l'appétit,
différentes formes d’anxiété (phobie sociale, névrose obsessionnelle)
et une grande fatigue. 6
Selon Rose et al. (1991), on apprend sans surprise
que plus de femmes que d’hommes ont vécu de la violence parmi
les personnes ayant des problèmes de santé mentale. Avec comme
instrument de mesure des entretiens structurés, elle révèle
que 51% des femmes et seulement 22% des hommes ont vécu des
sévices sexuels dans leur enfance. Aussi, 49% des femmes et
32% des hommes ont vécu de la violence physique durant leur
enfance. 7
Maintenant, qu’en est-il de la violence physique?
Prenons l’exemple de la violence conjugale (qui peut aussi être
accompagnée de violence sexuelle et physique). Les recherches
des dernières années sont unanimes à dire que les conséquences
de la violence conjugale sur la santé mentale des femmes sont
tragiques. Que les recherches aient été faites auprès des femmes
durant un séjour en maison d’hébergement ou auprès de femmes
qui ont déjà été hébergées, il apparaît qu’une majorité d’entre
elles présentent des symptômes de dépression, d’anxiété et de
somatisation, du stress et des idées suicidaires. 8 Il est à noter ici que les services dans plusieurs
centres d’hébergements pour femmes victimes de violence ne sont
pas adaptés aux besoins des femmes ayant des problèmes de santé
mentale tant au Québec qu’au Canada.
Plusieurs intervenantes de ces milieux se sentent démunies
face aux interventions qu’elles devraient faire auprès des femmes
victimes de violence et ayant des problèmes de santé mentale.
Un des problèmes souvent mentionné de la part des intervenantes
est celui d’avoir peur face à une situation de délire, de flash
back et de cauchemars.
La violence institutionnelle
et ses pratiques
Les femmes ayant des problèmes de santé mentale
majeurs et ayant vécu de la violence sont plus à risque d’être
hospitalisées. Or, elles peuvent vivre dans les centres hospitaliers
un type de violence dite institutionnelle. Cette violence se
traduit par l’application de certaines pratiques psychiatriques,
notamment en ce qui concerne les mesures de contrôle tels l’isolement,
la contention mécanique et de la contention chimique. Ces mesures ne tiennent pas compte de la dignité,
du respect primordial de la femme et enfreignent sa liberté
tant sur le plan physique que psychologique. Ce genre de pratiques
peut causer un état de victimisation secondaire chez les femmes. 9
Certaines pratiques psychiatriques ne tiennent
pas compte de l’historique de violence des femmes. Par exemple, l’intervention féministe, le préjugé favorable et l’analyse
comparative selon les sexes ne sont pas mis en place dans les
départements psychiatriques ainsi que dans les institutions
psychiatriques. Il s’agit plutôt d'une intervention biomédicale
axée plus spécifiquement sur le traitement psychologique par
les médicaments. Il faut comprendre que si une femme extériorise
ses émotions concernant son événement traumatisant à un psychiatre,
celui-ci ayant une vision biomédicale lui prescrira des médicaments
psychiatriques au lieu de lui offrir des alternatives, par exemple
une thérapie adaptée à ses besoins. Pourquoi ce genre d’intervention de la part
de psychiatres auprès de femmes? Simplement que lorsque qu’une
femme relate les faits de son historique de violence, elle sera
anxieuse, stressée et souvent aura peur de toutes sortes de
choses. Tous ces comportements ressemblent aux yeux de plusieurs psychiatres à des symptômes pouvant s’apparenter
à une maladie mentale telle que la schizophrénie, la dépression,
la maniaco-dépression, etc.
Or, une femme ayant été victime de violence aura certainement
peur, sera certainement stressée et anxieuse, car souvenons-nous
des sentiments énumérés plus haut qu’une femme peut ressentir
suite à une ou des agressions. Il arrive souvent qu’une femme vive par des
flash-back et des cauchemars son histoire de violence. Mais plusieurs psychiatres semblent penser que
ce que les femmes racontent est le fruit de leur imagination.
Autrement dit, elles sont folles, un point c’est tout!
Donc, avec la folie se raccroche un diagnostic et avec un
diagnostic s’en suit une médication.
Une médication souvent de forte dose, mal contrôlée et avec des effets
secondaires.
Il faut aussi comprendre que l’information
donnée par les psychiatres auprès des femmes n’est pas du tout
détaillée. Souvent les femmes ne savent pas vraiment quel est
le diagnostic qui pèse sur elle, car bien souvent il s’agit
de plusieurs diagnostics et elles ne savent vraiment pas quels
médicaments elles prennent.
Alors comment savoir les effets secondaires qu’elles
vont avoir suite à la prise de médicaments psychiatriques.
Elles devraient le demander à leur psychiatre, vous allez
dire. Pas si simple car
dans un moment de crise, de panique, d’angoisse et de peur,
elles ne pensent pas toujours à le demander. De ce fait,
il ne s’agit pas d’un choix libre et éclairé.
Toutes ces mesures ne tiennent donc pas
compte de l’historique de violence chez les femmes lors de leur
mise en application. Les interventions doivent être adaptées à
la situation des femmes. En effet, une analyse comparative
selon les sexes doit être appliquée pour un meilleur respect
de la dignité des femmes psychiatrisées et ayant vécu de la
violence.
Analyse comparative selon les sexes ou sexospécificité
Il y a encore une majorité
de psychiatres masculins et il peut être très difficile pour
les femmes ayant vécu de la violence sexuelle ou physique de
se faire soigner par ceux-ci; ils représentent une autorité
comme l’a été le ou les agresseurs de la femme. Il est à noter
que les patientes ont le droit de choisir le ou la psychiatre
qu'elles désirent, mais elles doivent souvent se justifier devant
lui et expliquer pourquoi elles ne désirent plus recevoir les
soins, ce qui peut être très difficile pour certaines.
Pour réduire les disparités entre les hommes et
les femmes dans le domaine du traitement des problèmes de santé
mentale, il est essentiel de disposer de services tenant compte
des sexospécificités. 10
Pourquoi est-il aussi important de tenir compte de la
sexospécificité ? Parce que les hommes et les femmes ont des
rôles sociaux et des responsabilités très différentes. En effet,
les femmes sont encore plus pauvres que les hommes. Elles sont
plus souvent chefs de famille monoparentale que les hommes et
la femme est encore souvent considérée inférieure à l'homme
et plus victimisée que les hommes.11 Donc il est clair que socialement les femmes
sont fondamentalement différentes et traitées différemment des
hommes.
Pratiques psychiatriques et réactions émotionnelles
Selon la recherche Experience of Hospitalization
and Restreint of Woman Who Have a History of Sexual Abuse portant
sur les pratiques psychiatriques et l’impact que cela peut avoir
sur la santé des femmes, il est clairement démontré que l’isolement,
la contention et les substances chimiques provoquent chez les
femmes des réactions émotionnelles intenses telles que la rage
et l’anxiété. De plus, le fait d’être hospitalisée peut rappeler
l’expérience traumatisante. 12
Une des pratiques en psychiatrie qui revictimise
les femmes est le diagnostic non approprié et trop rapide des
psychiatres. En effet, la souffrance vécue par les femmes psychiatrisées
liée à leur histoire de violence tant sexuelle que physique
n’est pas reconnue. À cause des sociétés hyper planifiées où
les pratiques codifiées laissent peu de place aux significations
multiples, les femmes se retrouvent souvent «porteuses» d’un
fardeau supplémentaire: le mauvais diagnostic posé sur elles.
13
Donc, la solution souvent envisagée par les psychiatres
pour traiter la femme ayant par exemple un diagnostic de schizophrénie,
car il s’agit d’une souffrance supposément identique à celle
d’une autre femme, c’est la médication.14
La transformation des services
de santé mentale au Québec
Au Québec à l’heure actuelle,
une transformation des services de santé mentale est en cours.
En effet, avec le concept d’appropriation du pouvoir et les
orientations ministérielles en matière d’isolement et de contention
qui sont sortis en décembre 2002, les pratiques sont appelées
à changer en psychiatrie. Le concept d’appropriation du pouvoir
vise notamment une prise en charge des femmes par elles-mêmes
et une réappropriation du pouvoir sur leur vie. De ce fait,
elles seront à même de prendre leurs propres décisions, d’être
bien informées et d’être au centre de leurs démarches thérapeutiques.
En ce qui concerne les orientations ministérielles, celles-ci
font référence à l’article 118.1 de la Loi de la santé et des
services sociaux.
Dans la législation québécoise,
l’utilisation des pratiques d’isolement, de contention et l’administration
de substances chimiques comme mesures de contrôle ont été balisées
en 1998 par l’article 118.1 de la LSSSS. Cette loi restreint
leur utilisation à un contexte de danger imminent afin d’empêcher
une personne de s’infliger ou infliger à autrui des lésions.
La Loi prévoyait par ailleurs une modalité de révision de l’application
de ces mesures en précisant en introduction que «tout établissement
doit adapter un protocole d’application de ces mesures en tenant
compte des orientations ministérielles, le diffuser auprès de
ces usagères et usagers et procéder à une évaluation annuelle
de l’application de ces mesures». Ces orientations sont claires
en ce qui concerne la philosophie d’intervention auprès de personnes
en situation de vulnérabilité et en tenant compte des traumatismes
antérieurs. Toutefois, le document n’est pas axé sur l’importance
de tenir compte des sexospécificités.
Donc, la condition féminine est encore une fois laissée
de côté dans les milieux psychiatriques.
Pistes d’actions
Au Québec à l’heure actuelle il n’y a aucune
recherche qui « prouve » l’existence de cette problématique. Il a donc été difficile de questionner voire
de dénoncer les pratiques psychiatriques auprès des établissements
simplement en partant d’un préjugé favorable envers les femmes, c’est-à-dire en mettant en valeur la parole
dénonciatrice des femmes « survivantes » de la psychiatrie. Le préjugé favorable n’est pas une expression
« à la mode » et prise en compte par les professionnels/elles
de la santé mentale, car bien souvent les femmes qui ont un
passé psychiatrique sont vu comme étant « folles ».
Donc, elles délirent, c’est dans leur tête que tout se
passe, elles sont vues comme un diagnostic et non comme une
personne éminemment vulnérable et souffrante des pratiques qu’elles
ont subis en psychiatrie. Cependant, au Canada anglais il y a eu des recherches
qui ont été faites sur l’état de la situation et sur les mesures
préventives en lien avec les pratiques psychiatriques.
Pour réduire les victimisations secondaires
chez les femmes causées par les pratiques psychiatriques, il
faut premièrement passer par un processus de sensibilisation
du public cible. Le public
cible est : les
intervenants/es du milieu communautaire (maisons d’hébergements
pour femmes victimes de violence, organismes de défense de droits
en santé mentale, etc.), les professionnels/elles du réseau
de la santé et des services sociaux (CLSC, hôpitaux psychiatriques
et départements de psychiatries) et les étudiants/es des disciplines
professionnelles concernées
(T.S, T.T.S, psychologie, sociologie, médecine spécialisation
psychiatrie, etc.). Afin
d’en arriver à ce processus de sensibilisation, en
mai 2003 a eu lieu un Colloque provincial portant sur les femmes,
la psychiatrie et la victimisation secondaire dont les quatre
objectifs étaient : d’informer, de former, d’adopter des
stratégies d’actions et de documenter la problématique par le
biais de recherches. Cet événement s’est tenu sur deux jours. Il a été question de l’état de la situation
ainsi que des mesures préventives à prendre face à cette problématique. Les actes du Colloque devraient sortir au plus
tard en février 2004. Ils
serviront alors d’outils de sensibilisation et d’information.
Il faudra ensuite documenter la problématique
par le biais de recherches. Un première étape est présentement
en cours.
De la formation dans les établissements
(institutionnel et scolaire) et organismes communautaires serait
nécessaire afin de former et de sensibiliser les personnes concernées.
Ce plan d’action serait de 2004 à la fin de l’année 2005. Enfin, un deuxième Colloque provincial
portant sur la même thématique serait effectué.
Actes du Colloque de 2003 sur la victimisation secondaire
Module 1
Module 2
Module 3
Module 4
Références
1 Le petit Robert,
Dictionnaire de la langue française, juin 2000, p. 2669
2 POUPART, Lise, Association.
québécoise Plaidoyer-Victimes, La
Victime au centre de l’intervention, p. 23
3 Le petit Robert,
Dictionnaire de la langue française, juin 2000, p. 2573
4 Institut canadien
de recherches sur les femmes, http://www.criaw-icref.ca/grant_f.htm
5 Rapport du comité
de travail sur les services de santé mentale offerts aux femmes, Écoute-moi quand je parle! p. 33
6 Ibid, p. 36
7 Rose et al., Interaction entre un passé d’abus et les structures
en santé mentale, 1991
8
ibid.,
p. 29
9
Whipp, Katleen, Lost in
the Diagnosis: Incest Survivors in psychiatry, Kettle Friendship
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Fall 1998
10 Astbury, J, L’état des connaissances, Disparité entre les hommes et les
femmes dans le domaine de la santé mentale, 54ème OMS, Assemblée
mondiale de la santé, Santé mentale: Les ministres appellent
à l’action, Genève, p. 90
11 Morrow, Marina et al. Sex, Gender
and Mental Health in Canada, Vancouver
12 Gallop, Ruth et al. The experience
of hospitalization and restraint of woman who have a history
of childhood sexual abuse, 1999
13 Blais, L. avec Vinette
S., "Pour penser
la souffrance sociale" Revue Intervention, (Printemps 2002)
115, 6-15.
14 Ibid
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J, 2001, L’état des connaissances, Disparités
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